L’européisme irréfléchi de Mgr Pontier
Dans un long discours en langue de buis, aujourd’hui à Lourdes, à l’occasion de la clôture de l’assemblée des évêques de France, Mgr Georges Pontier , archevêque de Marseille, a délivré un discours assez creux. Certes, il a évoqué le mariage, entre un homme et une femme, en évoquant la préparation de celui-ci, mais sans rien dire sur l’action politique contre la loi Taubira, comme si elle n’existait pas. Il y a aussi quelques lignes intéressantes sur l’avortement, et notamment un soutien aux associations qui aident les mères en difficulté. Mais là encore, sur les projets gouvernementaux, et notamment l’atteinte à la clause de conscience des médecins, que le gouvernement souhaite supprimer, il ne dit rien.
La seule action politique qu’il développe concerne l’Europe. A vrai dire, Mgr Pontier a fait là un discours quasi-électoral, à l’approche des prochaines élections européennes de 2014. Tout y est presque : la date du scrutin, l’européisme militant et aveugle (« cette union européenne dont nous pouvons être fiers « ), les partis pour lesquels il ne faut pas voter (« Certains pensent que les difficultés de l’heure… trouvent leur origine ou sont amplifiées par les institutions européennes « ), et l’éternelle fuite en avant ( « Les progrès de l’Europe sont un combat à mener, encore et toujours, avant de penser aux bénéfices à recevoir « ). Aucun rappel sur le principe de subsidiarité, qui est pourtant l’un des fondamentaux de la doctrine sociale de l’Eglise (est-ce devenu un gros mot ?) :
« Du 22 au 25 mai prochain, les citoyens des 28 pays, membres de l’Union européenne, vont élire leurs représentants au Parlement européen. Qui aurait pu imaginer cela en 1950 et même voici seulement quelques décennies ? Deux guerres mondiales se sont déroulées sur le sol européen dans la première moitié du XX° siècle. Et voici que depuis plus de 60 ans, après encore des conflits locaux meurtriers et douloureux suite à la chute du mur de Berlin, notre continent a su panser ses plaies. A la haine ont succédé la connaissance et l’estime. Les oppositions, les peurs et les stigmatisations ont laissé place aux échanges, aux jumelages, aux invitations, aux accords, aux visites, aux pèlerinages, aux formations communes. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, se sont levés des hommes animés par un désir de paix et de réconciliation. Ils venaient des divers pays récemment en conflit : les Français Robert Schuman et Jean Monnet , l’Allemand Conrad Adenauer, le Luxembourgeois Joseph Bech , le Néerlandais Johan Willem Beyen , l’Italien Alcide de Gasperi , le Belge Paul Henri Spaak . Ils ont commencé par une coopération économique. S’en est suivie, au fil des étapes, la création des structures indispensables à la survie de cette merveilleuse idée. Jean Monnet pourra dire un jour : « Rien ne se fait sans les hommes, rien ne dure sans les institutions. » Ces institutions ne cessent de poursuivre leur évolution et leur adaptation aux dimensions prises par cette union européenne dont nous pouvons être fiers. Il reste bien sûr du chemin à faire pour une meilleure forme de gouvernance, pour que les nations comprennent qu’elles ne perdent pas leur identité en s’unissant aux autres, mais qu’elles s’enrichissent dans ce partage. Certains pensent que les difficultés de l’heure, liées à la crise économique mondiale, trouvent leur origine ou sont amplifiées par les institutions européennes. Faire de l’Europe le bouc émissaire de la crise actuelle serait bien rapide et gravement irresponsable. Dans un contexte de mondialisation, les défis actuels peuvent-ils être relevés sans développer encore et toujours la solidarité entre les états membres ? Sans doute faut-il trouver de bons moyens qui permettent à l’Europe de partager au monde son souci des plus pauvres, de la dignité humaine et de la paix. Les progrès de l’Europe sont un combat à mener, encore et toujours, avant de penser aux bénéfices à recevoir. Le moment est à nouveau venu de poursuivre ce beau projet porteur de paix et de solidarité entre des peuples qui acceptent d’unir leur destin sans perdre leur âme, sans se replier sur eux-mêmes et en gardant le souci du développement de tous les peuples. Au moment de cette élection, il s’agira pour les électeurs d’exercer une part de leur responsabilité en prenant connaissance des projets portés par les divers partis politiques et de donner leur confiance à ceux qui, à leurs yeux, feront avancer l’Europe vers l’avenir le meilleur pour le plus grand nombre. »
Le député européen (MoDem), Sylvie Goulard était invitée à parler devant l’épiscopat. Yves Daoudal écrit :
« Elle a été présidente de la section française du Mouvement européen entre 2006 et 2010, et elle est toujours membre du bureau exécutif. Elle est la principale militante du Mouvement européen au sein du Parlement européen. Le Mouvement européen n’est rien d’autre qu’une marionnette de l’ACUE. L’ACUE est l’American Committee for a United Europe : Comité américain pour une Europe unie. L’ACUE a été fondé en 1949 pour recueillir des fonds secrets de la CIA et de fondations comme l’Institut Rockefeller pour financer le fédéralisme européen, en relation avec le Département d’Etat. Pour financer au premier chef le Mouvement européen. Dès 1950 l’ACUE appelait ses employés du Mouvement européen à créer un Parlement européen. En 1965 il poussait déjà à l’union monétaire mais demandait à ses agents du Parlement européen de ne pas en parler. »
