CEF : Monique Baujard ne désarme pas
Malgré la fronde, venue à la fois de la base et de bon nombre d’évêques français, qui a permis d’annuler la venue de Fabienne Brugère mercredi 19 mars dernier à la journée de formation des délégués épiscopaux à la famille, Monique Baujard, directrice du Service National Famille et Société de la CEF depuis 2009, ne regrette rien et continue son travail de sape des fondements de la doctrine catholique sur le mariage et la famille. L’invitation de Fabienne Brugère est en effet à replacer dans la perspective du Synode sur la famille qui se tiendra à Rome à l’automne prochain, sous la présidence de 3 évêques, dont le cardinal André Vingt-Trois . Monique Baujard se place dans une perspective d’intense lobbying afin de dénaturer l’enseignement de l’Eglise sur la famille, sous couvert de mesures « pastorales ». Cette propagande, qui se manifeste à la fois par des écrits de cardinaux de l’Eglise, par la publication des réponses au questionnaire de préparation, vise à influencer le synode de façon à le faire entrer dans une impasse :
- soit, en distinguant la doctrine de la pastorale, l’Eglise admettra à la communion les divorcés remariés, par une mesure d’exception, selon les critères énoncés par le cardinal Kasper , qui deviendra la règle, au même titre que les dérogations mentionnées dans la constitution conciliaire sur la liturgie, Sacrosanctum concilium (notamment sur la place du latin et du grégorien), sont devenues générales ;
- soit, en cas de désaveu par le pape François , rappelant celui du pape Paul VI à propos de la contraception (que l’on annonçait comme allant être permise) dans Humanae Vitae en 1968, une nouvelle fracture au sein de l’Eglise, ouvrira de nouveau une grave crise, pour ne pas dire un schisme.
A propos d’ Humanae Vitae d’ailleurs, Monique Baujard prend clairement position contre l’enseignement de l’Eglise. Dans une intervention aux Semaines Sociales, en avril 2013, elle avait tout simplement déclaré :
« Paul VI a beaucoup hésité avant de publier en 1968 l’encyclique Humanae Vitae , sur l’interdiction de la contraception artificielle. Elle a instauré malheureusement une profonde incompréhension entre l’Église et le Monde qui perdure à ce jour. L’Eglise aurait sans doute dû se contenter de donner des repères et laisser les époux décider en conscience de leur mise en œuvre. »
Et puis, dans cette même intervention, à la question
« Pour Mgr Matagrin , l’erreur de l’Eglise a été de parler de sexualité et non de fécondité ; qu’en pensez-vous ? »
Elle répond :
« Je suis d’accord. L’Eglise est plus horizontale qu’on ne le croit. Les Evêques font attention à la communion avec Rome. Cela freine parfois la parole. D’où l’importance de l’interpellation par les Chrétiens, pour poser des questions et ouvrir le dialogue. »
Donc les évêques font trop attention à être en communion avec Rome… Voilà qui est intéressant comme perspective ! Précisons au passage que Mgr Matagrin fut évêque auxiliaire de Lyon en 1965 puis évêque de Grenoble en 1969. Il est décédé il y a 10 ans… ce qui ne nous rajeunit pas.
Sur le décalage entre pastoral et doctrinal, on trouve dans le Document Épiscopat n°5/2011, cette conclusion de Monique Baujard :
« Mais soutenir ce choix demande bien sûr à l’Église d’ajuster sa pastorale des familles aux nouveaux besoins. Avant il suffisait de rappeler l’idéal du mariage, la voie à suivre était tracée. Aujourd’hui, devant la pluralité des choix, il faut rappeler et expliquer l’idéal, mais aussi baliser de nouvelles voies, accompagner des cheminements plus chaotiques, offrir des éléments et des lieux de discernement à tous les âges. Le tout avec une attention particulière pour ceux qui, en raison de leur pauvreté matérielle et/ou relationnelle, pensent n’avoir aucun choix et aucune liberté. Les chrétiens ont la chance d’avoir le Christ comme « boussole ». À nous de témoigner de la liberté à laquelle le Christ nous conduit ».
Le Comité de la Jupe , qui conteste l’enseignement de l’Eglise, notamment sur la complémentarité de l’homme et de la femme, et qui, à ce titre, est une courroie de transmission des idéologues du gender, s’était réjoui de la nomination de Monique Baujard en 2009.
J’apprends aussi qu’une « contre-supplique » a été lancée sur internet pour demander au Conseil Famille et Société de reprogrammer Madame Brugère. Comme les délégués diocésains à la famille ont reçu un appel à la signer, il n’est pas difficile de savoir d’où vient cette demande. Alors même que le 19 mars, Mgr Jean-Luc Brunin avait déclaré qu’on ne doit pas agir par supplique au sein de l’Eglise… Qu’il ne s’inquiète pas trop : contrairement à la précédente qui a reçu environ 4000 signatures en moins d’une semaine, celle-ci n’arrive toujours pas à atteindre les … 100 signataires.
Toute ceci est tourné dans le but d’influencer le synode. Monique Baujard déclarait à La Croix, à propos du questionnaire de préparation :
« Le grand mérite de ce questionnaire est de chercher à savoir ce qui se vit sur le terrain, en abordant toutes les questions, sans tabous, ce qui n’était pas toujours le cas lors des précédents synodes… […] Disons que pour les questions touchant à la morale sexuelle, il n’y a pas toujours eu cette volonté d’écouter les fidèles et d’évaluer la réception de l’enseignement de l’Église. […] Ce questionnaire est donc une chance. Pour les catholiques, qui vont pouvoir (re)découvrir ce qu’il y a de bon dans le message chrétien sur le couple et la famille – alors que, depuis 1968 et l’encyclique Humanae vitae sur la régulation des naissances, un profond fossé s’était creusé. Si ce Synode permet d’aborder ces questions difficiles, on pourra espérer surmonter cet abîme d’incompréhension. Pour l’Église également car elle va (re)découvrir que lorsqu’elle prend la peine d’écouter les personnes et de répondre à leurs préoccupations, son message est écouté. »
Pieuse déclaration : Monique Baujard a-t-elle pris la peine d’écouter les délégués diocésains à la pastorale familiale, mercredi dernier, et de répondre à leur préoccupation.
