Les chrétiens n’ont pas la mission de gagner des combats. Ils veulent témoigner.

A l’occasion de la fête de Pâques, Monseigneur Nicolas Brouwet , évêque de Tarbes et Lourdes, a été interrogé dans le Figarovox. L’intégralité de cet entretien est accessible ici . Il évoque notamment les échanges entre les évêques de France, lors de l’assemblée plénière à Lourdes :

« Je crois que les media ont exagéré la vivacité des débats. Les évêques sont tous d’accord sur la nécessité de susciter des échanges, des dialogues, des réflexions de fond, en particulier sur les sujets de société avec tous ceux qui ont des convictions, y compris quand elles ne sont pas les nôtres. C’est indispensable pour bien comprendre les enjeux d’un débat ; nous ne pouvons pas réfléchir seuls. Le problème est de savoir si nous avons encore la culture de cette recherche longue, patiente exigeante du bien, du vrai, du juste. Un lent travail de la raison est nécessaire, là où on préfère, par économie intellectuelle, l’émotion et les slogans.

Les chrétiens sont parfois moqués comme anachroniques, ils provoquent souvent l’indifférence. Sont-ils condamnés à vivre à contre- courant et à perdre les combats temporels?

Les chrétiens n’ont pas la mission de gagner des combats. Ils veulent seulement témoigner de l’amour de Dieu pour tout homme, un amour sans condition qui les appelle à la vie. C’est cet amour, et lui seul, qui sauve le monde. Il ne s’impose pas par la force du droit ou par des jeux politiques. Il est accueilli dans le cœur des croyants comme un feu qui embrase tout leur être et qui illumine leur conscience, leurs décisions, leurs projets. L’Evangile se répand de cette manière ; sans bruit, sans violence, sans stratégie. C’est, comme vous le dites, un peu à contre-courant… »