Fronde de la Curie contre le pape François ?

Le site catholique américain Catholic Culture a publié le 24 avril dernier, un court commentaire au sujet de la montée d’une opposition curiale au pape François dénoncée par le cardinal Rodríguez devant des Franciscains américains voici quelques jours. Le cardinal peut être classé dans le courant “progressiste” et le journal américain qui a révélé les propos du prélat hondurien plus que “progressiste”. Tout cela fait un curieux cocktail que certains auront du mal à déglutir. En tout cas, voici ma traduction du commentaire de Catholic Culture…

Le cardinal hondurien Óscar Andrés Rodríguez Maradiaga, qui est le coordinateur du Conseil des cardinaux du pape François, a déclaré dans une récente prise de parole que la popularité du pape commençait « à réveiller une sourde opposition non seulement dans la vieille Curie, mais aussi parmi ceux qui regrettent la perte de leurs privilèges en matière de statut et d’avantages ». Une copie de cette allocution prononcée le 8 avril dernier en Floride lors de la conférence des provinciaux franciscains, a été transmise au National Catholic Reporter par le secrétaire de cette conférence. Selon le journal, le cardinal avait revêtu l’habit franciscain pour faire son discours, alors même qu’il est Salésien. « On peut entendre des expressions comme “qu’est-ce que ce petit Argentin s’imagine ?”, ou encore celle d’un cardinal bien connu qui a laissé échapper : “Nous nous sommes trompés” », a déclaré le cardinal Rodríguez. « Il y a un nouveau concept de l’Église » dans cette papauté, a-t-il ajouté. Le prélat a déclaré que le pape « se sentait appelé à construire une Église » qui soit « au service de ce monde en étant fidèle au Christ et à son Évangile (…) débarrassée de toute spiritualité mondaine (…) débarrassée du risque de n’être concernée que par elle, de s’embourgeoiser, de se refermer sur elle-même, d’être une Église cléricale ». Selon le cardinal Rodríguez, le pape veut une Église qui soit capable de « s’offrir elle-même comme espace ouvert dans lequel nous pouvons tous nous rencontrer et nous reconnaître les uns les autres, parce qu’on y trouve de l’espace pour le dialogue, la diversité et l’accueil » et « aussi une Église qui donne de l’importance aux femmes à la fois dans la société et dans ses propres institutions ».