Jugement sans nuance de Christine Pedotti sur les vocations sacerdotales dans l’Eglise

Christine Pedotti, rédactrice en chef du site Témoignage chrétien , qui continue la revue du même nom longtemps publiée sous format papier, exprime ses plus vives réserves à l’égard de Jean-Paul II, parlant d’ « autocratie médiatique » . Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle ne fait pas dans la nuance ! Petit florilège: « son bilan est plus que mitigé » (Christine Pedotti n’ose dire qu’il est négatif, ce qui eût été plus franc de sa part…), « l’hégémonie médiatique du pape, et la production compulsive de textes normatifs, catéchismes et encycliques ont stérilisé la pensée théologique, détruit les structures intermédiaires en transformant les évêques en préfets, et les professeurs en répétiteurs » , etc. Christine Pedotti n’est pas tendre sur différents aspects du pontificat de Jean-Paul II. Les JMJ ? Elles « ne sont au bout du compte que des feux de paille » . Etc. Mais il est une accusation qui nous surprend: celle portée sur les vocations sacerdotales. Citons la phrase qui mérite d’être commentée: « quant aux vocations sacerdotales, elles sont en voie de disparition, partout où elles ne sont pas synonymes d’ascension sociale. » Qu’il existe effectivement une raréfaction des vocations est une chose. Mais dire, de façon générale, qu’elles sont « en voie de disparition » en est une autre: c’est un peu réducteur, car il existe des pays dans lesquels les vocations restent nombreuses. L’affirmation mériterait donc d’être nuancée. Enfin, il est un grief plus scandaleux: celui selon lequel les vocations « sont… synonymes d’ascension sociale » lorsqu’elles ne disparaissent pas. Pour Christine Pedotti, la situation est binaire pour les vocations: il y a soit raréfaction (ce qui se défend), soit promotion sociale (ce qui peut être vrai dans certains cas). Mais peut-on affirmer que cette situation est aussi binaire que cela ? Il existe des vocations sincères, non fondées sur des raisons de prestige sociologique, mais, tout simplement, par désir de suivre le Christ. Comment porter une accusation aussi grave alors que les futurs prêtres savent qu’ils ne fuiront les honneurs humains, renonceront à certaines choses de ce monde, comme la fondation d’un foyer ? C’est une accusation grave qui démontre comment est perçue la sainteté par certains cénacles intellectuels. Cette sainteté reste présente dans une Eglise, certes fragile, mais toujours soucieuse de servir son divin maître…

Jean-Marie Vaas