Remplacer les « racines chrétiennes » par « l’humanité »
A l’approche des élections européennes, cette proposition douteuse ne vient pas de l’une des 193 listes candidates dans l’une des régions françaises, mais de l’un de nos évêques : Mgr Stenger , évêque de Troyes.
Dans son éditorial diocésain , il revient sur ces élections européennes, sous le titre « Où est la frontière ? ». Considérant la montée de l’euroscepticisme, Mgr Stenger évoque ce qui rassemble les différents peuples d’Europe. Et il en vient à évoquer ses fameuses racines, que saint Jean-Paul II avait si vaillamment défendues (notamment dans son exhortation Ecclesia in Europa ), face à l’opposition de la classe politique française. Et Mgr Stenger écrit :
« Ce qui peut nous aider aussi dans notre décision d’aller vers l’autre, c’est la conscience de ce que nous avons déjà en commun, ce qui est le moteur du passage de toute frontière. En ce qui concerne l’Europe, à une certaine époque, on considérait que c’était nos « racines chrétiennes ».
Pour éviter toute proposition qui pourrait paraitre exclusive plutôt que de racines chrétiennes, je propose que nous parlions d’humanité, ce que nous avons en commun, une certaine conception de l’homme, empreint de fraternité, de solidarité, de souci de la justice et de la liberté. Historiquement, des systèmes ont été mis en place, qui étaient bâtis sur d’autres conceptions de ce même homme. Aucun n’a duré et toujours nous sommes de nouveau incités à aller vers l’autre au nom de ces valeurs et d’aller les retrouver chez lui pour bâtir ensemble un monde de justice et de paix.
Ce sont là des enjeux et des défis du quotidien. Ce sont des enjeux et des défis qui donnent sens à l’aventure européenne et qui peuvent en faire à nos yeux une aventure évangélique. »
