Menaces sur la Commission Ecclesia Dei ?
Le blogue américain Rorate Cæli publie un article choc intitulé : « Quel sera l’état de l’Église après le Pape François ? » de don Pio Pace, qui a été traduit par le blogue canadien Notions romaines .
Don Pace y explique que le pontificat de François est moins novateur qu’on ne l’a cru au début. Les “gestes” multiples (chaussures noires, etc.) sont sans conséquence. Les déclarations doctrinales hasardeuses ne paraissent pas devoir déboucher à terme sur des effets institutionnels. Les nominations de François valent celles de Benoît, soit en bien, soit en médiocre. La réforme de la Curie sera forcément un pétard mouillé. Et pendant ce temps, la crise continue et s’amplifie.
L’article demande : « Quoi après ce pontificat ? » Les cardinaux qui ont élu Bergoglio ne le connaissaient pas et beaucoup déchantent. Quand il démissionnera, ils chercheront la “sécurité” avec un pape plus solide du point de vue théologique, moins brouillon. Et ils seront forcés d’avoir plus de réalisme en cherchant un pape qui sera moins “vitrine” et plus en phase avec les problèmes dramatiques de l’Église.
Mais le plus intéressant, et aussi le plus inquiétant, dans cet article de Rorate Cæli , est qu’il fait échos aux rumeurs concernant la disparition de la Commission Ecclesia Dei. Il ne faut pas se rassurer trop vite en disant que rien ne change sous le pape François : si on ne bouge pas dans une situation de décadence, on accélère la décadence. L’article parle d’un autre “scénario” possible, « beaucoup plus inquiétant » ( much more disquieting) , pour la fin du pontificat avec notamment des essais de remise aux normes de « l’esprit du Concile » de ceux qui s’en éloignent. Ce qui s’est passé avec les Franciscains de l’Immaculée pourrait bien être un ballon d’essai pour une tentative sur tout le catholicisme traditionnel [c’était l’avis de Sandro Magister dès le début] : il pourrait y avoir une mise sous le boisseau de la dynamique Summorum Pontificum. Car pour François, l’autorisation de la messe traditionnelle n’est qu’une tolérance donnée par Benoît XVI à une réserve d’Indiens : « Il s’agit d’une sorte de mode, et si c’est une mode, c’est une chose qui passera, à laquelle il ne faut pas tellement faire attention » (pape François aux évêques tchèques).
Du coup, la disparition de la Commission Ecclesia Dei , dont tout le monde parle à Rome depuis le début du pontificat, est sérieusement envisagée par Rorate Cæli. Sa compétence sur les communautés Ecclesia Dei , FSSP, ICRSP, IBP, etc., serait transmise à la Congrégation des Religieux du cardinal Braz de Aviz, le “tombeur” des Franciscains de l’Immaculée. On imagine la suite… D’autant que – c’est nous qui ajoutons ces réflexions –, le monde traditionnel est particulièrement individualiste, chacun espérant passer entre la pluie de grêle. Pas plus qu’on n’a vu, en dehors de l’Italie, de solidarité active en faveur des Franciscains de l’Immaculée (avec des réflexions du genre : « À nous, ces choses ne peuvent arriver » ; « Ils ont donné des bâtons : ils ont une doctrine lefebvriste »), on ne verra pad de front commun se former lorsqu’un institut sera en danger. Mais, pour en revenir aux analyses de Rorate Cæli, même si la petite Commission Ecclesia Dei n’a jamais eu une grande activité, c’est vrai, pour promouvoir la messe extraordinaire et défendre les groupes qui la demandaient, son existence est par elle-même un symbole fort, et sa disparition sera un symbole plus fort encore.
