Une chapelle transformée en commerce de vin ?
Famille chrétienne nous informe que Monseigneur Roland Minnerath , archevêque de Dijon, monte au créneau contre le projet de transformation d’une chapelle du XVIè siècle en commerce de vin. L’ancien maire de Dijon (aujourd’hui ministre du Travail) François Rebsamen appelle cela
« un projet d’envergure, digne des ambitions de notre pays : promouvoir le repas gastronomique des Français, entré au patrimoine mondial de l’Unesco en 2010. »
L’idée est de transformer l’ancien hôpital général de la ville, qui déménage, en « Cité internationale de la gastronomie tournée vers le vin ». 55 millions d’euros, 24 000 mètres carrés de bâtiments sur 6,5 hectares. L’ensemble inclut la grande chapelle de l’hôpital du Saint-Esprit, dont la première pierre fut posée en 1504. La transformation de la grande chapelle en vinothèque, c’est-à-dire un « espace de vente et de valorisation des vins des terroirs de France et du monde », choque les habitants. Des générations de Bourguignons y ont été baptisés, ou enterrés. La messe y est toujours célébrée une fois par semaine, non seulement pour les fidèles de l’hôpital, mais aussi pour ceux du centre-ville.
Le 8 juillet, Mgr Roland Minnerath a publié un communiqué :
Maxime Cumunel , délégué général de l’Observatoire du patrimoine religieux, déclare :
« Mgr Minnerath a parfaitement raison de s’insurger. D’une manière générale, c’est la bonne attitude pour un évêque de s’engager sur ce genre de projets parce que c’est sa personnalité qui peut faire évoluer les dossiers positivement. Si l’évêque ne se bat pas, personne ne le suivra. » « Ce cas n’est pas isolé. Il est même extrêmement typique. La chapelle de l’hôpital de Dijon relève de tous ces lieux où le culte était assuré par l’État : hôpitaux, prisons, écoles… Or, ils sont aujourd’hui de plus en plus désaffectés et vendus. À Paris, il y a eu l’hôpital Laennec, l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul, l’Hôtel-Dieu, l’hôpital de Draguignan, l’hôpital de Blaye, celui de Lyon dont la chapelle a été sauvée, mais qui va devenir un centre culturel, le grand Hôtel-Dieu à Lyon a également été restauré, ainsi que celui de Mâcon.
La question qui se pose dans tous les cas est : qu’est ce que l’on fait de la chapelle ? En effet, elle peut avoir été bâtie pour les indigents. Or, il faut nécessairement que son utilisation soit conforme à sa vocation d’origine ! Il faut bien comprendre que ces chapelles étaient évidemment des chapelles d’hôpitaux au sens actuel du terme, mais aussi des chapelles ouvertes sur la rue. C’est-à-dire ouvertes à tous ; des chapelles où avaient lieu des baptêmes, des mariages, des funérailles. Des chapelles où des personnes sont enterrées. On ne peut pas les traiter comme des bâtiments ordinaires !
Il faut donc leur trouver où un usage cultuel alternatif, comme dans le cas de construction de lotissements ou de pavillons où l’on a besoin d’une dimension religieuse. Si ce n’est pas le cas, il faut au moins tenter de conserver cette chapelle, avec une vocation conforme à celle d’origine. Cette vocation est premièrement universelle, puisque c’est le fond de l’Église, à savoir être accessible à tous et gratuitement, et à défaut d’avoir une dimension cultuelle, qu’elle ait au moine une vocation intellectuelle afin qu’elle soit valorisée et que les gens puissent l’identifier comme leur patrimoine et non pas une boutique que l’on peut trouver n’importe où. »

