« Écouter ce que l’Esprit dit à notre Église »

C’est le titre de la dernière lettre pastorale de Mgr Hubert Herbreteau , évêque d’Agen. Elle est courte, 4 pages , et fait suite à la mise en oeuvre des quatre orientations pastorales promulguées en novembre 2009 et aux visites pastorales des 26 paroisses. Voici donc ce que l’évêque écrit :

Notre Église est confrontée à plusieurs problèmes : • La sécularisation. Dieu ne fait plus partie du paysage. Certes, on continue à parler des valeurs de justice, de fraternité, de paix, mais on le fait sans référence à une transcendance. • Et pourtant les attentes spirituelles sont nombreuses et diverses. Elles apparaissent en particulier lorsque se posent les grandes questions de l’existence : la vie, l’amour, la recherche du bonheur, l’énigme du mal, la mort… Le besoin de marquer les grandes étapes de la vie par des rites s’exprime fortement. • La notion d’espace, à l’ère de la mondialisation et des outils informatiques, s’est élargie. Notre cartographie (avec des territoires, des paroisses) est modifiée par l’insertion dans des réseaux. De plus, la désertification du monde rural s’est amplifiée. La pastorale peut-elle continuer à quadriller le terrain ? • La notion de temps change également. Nous vivons souvent dans l’urgence, jusqu’à l’épuisement et le burn out parfois. On ne sait plus cueillir les fruits du temps présent.

Puis le pasteur du diocèse formule quelques propositions :

• Bref, ce dont nous avons besoin, c’est du développement d’une démarche spirituelle. Il n’est pas question pour autant de « spiritualiser » nos problèmes en pensant qu’il suffit de prier pour que tout soit résolu. La démarche spirituelle doit donc déboucher sur des mesures concrètes, dans « le vrai de la vie » comme disait Thérèse de Lisieux. C’est une démarche qui doit transformer notre vie. • Il nous faut pour cela, au sujet des questions qui nous préoccupent (sécularisation, modification du temps et de l’espace, etc.), mutualiser davantage nos ressources humaines, intellectuelles, financières. D’une paroisse à l’autre ou trois paroisses ensemble. De plus, les « ponts » entre mouvements et services ecclésiaux sont à intensifier. • Le discernement évangélique, pastoral, suppose que nous sachions discerner « les signes des temps » comme le disait le Concile. Ne faudrait-il pas proposer une méthode pour apprendre à lire les événements, une fiche de relecture ?

Comme proposition concrète, Mgr Herbreteau propose « le ressourcement biblique » :

des déroulements de célébration autour de la Parole de Dieu, en l’absence du curé. Je vousencourage à développer résolument ce genre de rencontre.

Mais néanmoins :

Je ne souhaite pas que se développe la distribution de la communion lors des assemblées de la Parole en l’absence du prêtre. Le tabernacle risquerait de prendre plus d’importance que l’autel qui occupe dans l’église l’endroit le plus sacré. […] Il n’est pas possible de penser que l’on pourrait se passer des prêtres. Ce que pourrait signifier aussi une distribution de la communion en l’absence du prêtre. […] N’hésitez donc pas à vous déplacer, parfois à 20 km. Parole et Eucharistie sont des cadeaux si grands que cela mérite bien autant d’efforts qu’un complexe de cinéma ou une brocante à l’autre extrémité du département.