Mgr Dagens fait une rencontre « éprouvante »

L’évêque d’Angoulême a publié une tribune dans La Croix de ce jour, dans laquelle il raconte sa rencontre :

« Après la dernière de mes conférences, j’ai, malgré moi, participé à un événement éprouvant. Un couple, connu de la communauté paroissiale, était là, au milieu de la nef. Je suis allé les saluer. Ils ont refusé de me prendre la main et ils ont commencé à m’injurier d’une manière violente. J’ai essayé d’écouter, mais c’était un déferlement de paroles haineuses, dont la pire a été prononcée par le mari, après que sa femme m’ait invectivé comme si j’étais un ennemi. Cet homme m’a dit, d’une façon glaciale, en me regardant droit dans les yeux comme pour m’attaquer : « Vous êtes possédé par Satan ! Vous devez vous faire exorciser ! »

J’étais sidéré, et nous nous trouvions au milieu de l’église, sous un grand crucifix que j’ai regardé avec insistance. Je suis resté silencieux. Je n’avais pas peur, mais je comprenais que j’avais, sans le vouloir, provoqué chez cet homme et cette femme un de ces réflexes instinctifs qui ont leur origine dans un inconscient très profond, comme une éruption volcanique.

Le prêtre et les autres membres de la communauté paroissiale s’étaient écartés. Il n’y avait rien à faire. Ce couple furieux et malheureux a fini par quitter l’église, et j’ai pu y retrouver des fidèles « normaux » qui étaient stupéfaits de cette agression verbale, venant de personnes respectables qui participent habituellement à la messe dans cette église, mais qui venaient de se révéler comme des catholiques haineux.

J’ai pu comprendre ensuite ce qui avait pu provoquer une telle poussée de haine. Parmi les signes de l’action de Dieu parmi nous, dans ma conférence, j’avais mentionné celui-ci (je me cite) : « Des personnes homosexuelles qui n’osent pas ou qui ne veulent pas parler de ce qui est constitutif de leur existence, mais qui ne doutent pas d’être elles aussi des enfants de Dieu, appelés à aimer et à être aimés. Sans oublier les parents et les familles de ces personnes homosexuelles qui sont tiraillés entre le refus de cette réalité ou son acceptation facile et superficielle. »

J’ai des raisons de penser que cette parole réfléchie, et fondée sur la connaissance de ces situations et de ces personnes, avait pu provoquer la réaction de cet homme et de cette femme fidèles à une certaine tradition, puritaine plus que chrétienne, pour laquelle l’homosexualité est une maladie qui doit être guérie et que les personnes homosexuelles, si elles le restent, n’ont pas droit à une reconnaissance sociale, ce qui risque de les inciter à vivre leur vie sexuelle comme un ensemble de transgressions cachées, en les enfermant dans le déni.

Je ne me résigne pas à cette haine que j’ai perçue dans les paroles de ce couple douloureux et que la douleur rendait méchant. Je sais, désormais par expérience, que nos communautés paroissiales ordinaires peuvent et doivent tout faire pour qu’il soit possible à des personnes homosexuelles :

– de ne jamais désespérer d’elles-mêmes,

– de vivre une vie chrétienne réelle, faite de prière et de charité,

– d’avoir place dans la vie ordinaire de l’Église, en participant à sa mission.

Ce n’est pas d’une « pastorale des personnes homosexuelles » que nous avons besoin, c’est d’un effort commun et réfléchi pour que nous proposions à tous les exigences de l’Évangile, avec les cheminements nécessaires, dans le respect absolu de chaque personne. »

L’évêque d’Angoulême, qui a toujours rejeté la jeunesse catholique, les manifestations de défense du mariage, le mouvement des veilleurs et toute cette génération montante dans l’Eglise, a présenté aujourd’hui une nouvelle lettre pastorale. Elle s’intitule « Catholiques en Charente, soyez passionnés pour Dieu au milieu des hommes « . En voici des extraits :

« Notre vocation chrétienne, dans ce monde incertain et violent, ne consiste pas à constituer des groupes de pression, parmi d’autres, ni de nous retirer dans de petits cénacles catholiques où l’on resterait entre soi, mais de manifester publiquement les capacités inventives qui nous viennent de notre foi en Dieu. »

J’apprécie beaucoup cet extrait-là :

« Et que l’on ne nous demande pas trop vite : «Combien de prêtres ? Combien de diacres ? Combien d’enfants catéchisés ? Combien de séminaristes ?» Que l’on se rassure ! Nous connaissons ces chiffres, mais nous n’aimons pas qu’on nous les lance à la figure comme des balles. Nous aimons mieux vivre notre vocation chrétienne de façon silencieuse et efficace en nous tenant devant Dieu au nom de tous et en apprenant à parler des autres à Dieu, dans la prière, avant de parler de Dieu aux autres. »

Oui, vivons la tête dans le sable et que l’on ne vienne pas nous demander des comptes sur ce que nous avons fait de notre frère. Le diocèse d’Angoulême, c’est 52 prêtres en activité.

Je vous livre aussi cet autre extrait :

« L’adjectif catholique désigne une qualité, et non pas une menace. Catholique veut dire ouvert à tous, participant à l’ouverture de Dieu à tous les hommes. Comment ne comprendrait-on pas que tous les catholiques en France, et même les prêtres et les évêques, ne se confondent pas avec les partisans de la «Manif pour tous » ? »

Ola, surtout, pas d’amalgame… Je ne connais pas ces gens…

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