Une salutaire réflexion de l’abbé Laisney (FSSPX)
En raison de certaines difficultés qui ont cours dans l’Eglise, la tentation est grande chez certains traditionalistes de refuser à François la qualité de Vicaire du Christ pour en faire un imposteur. Pourtant, le sédévacantisme crée plus de difficultés qu’il n’en supprime en aboutissant, de facto , à nier la visibilité de l’Eglise. Dans ce cas qui exerce les fonctions dévolues au magistère ? Qui tranche les difficultés ? Qui nomme et gouverne ? Etc. Quel est le critère de l’Eglise ? Il y a un danger de subjectivisme évident dans le sens où les vrais catholiques seraient tout simplement ceux qui se déclareraient comme tels… Mais il y a aussi un contresens sur la nature même de l’Eglise, qui, sur terre, est aussi un mélange de bon grain et d’ivraie. Cette séparation, il ne nous appartient pas de la prononcer, mais de faire en sorte que nous puissions croître avec le bon grain. A cet égard, on saluera la réflexion de Monsieur l’abbé Laisney (FSSPX), dont on reproduira un extrait:
Une telle fidélité est mise à l’épreuve par la recrudescence des maux, mais la foi Catholique n’est pas cathare et reconnaît qu’il y a dans l’Eglise un mélange de bons et de méchants (« bonos et malos » Mt. 22:10) : ce dogme est inséparable de la grande vérité enseignée par St Augustin : «les mauvais dans l’Eglise […] ne peuvent pas nuire aux bons qui ne consentent pas avec eux au mal.» (Breviculus Collationis cum Donatistas, 1:10). En d’autres termes, la communion avec les mauvais dans l’Eglise ne nuit pas aux bons, car elle est essentiellement une communion au Christ dans son Corps Mystique ; mais pour cela, il faut ne pas consentir au mal !
Petite précision, néanmoins: dans un passage, l’abbé Laisney aborde la question du magistère. Plutôt que de vouloir dissocier le magistère ancien du magistère actuel, il serait peut-être plus judicieux de réfléchir à la question de savoir si tout est magistériel dans les prises de position actuelles du pape et des autorités ecclésiales. Il serait plus juste de dire que l’actuel pontificat a très faiblement emprunté la voie magistérielle (une seule encyclique: Lumen Fidei , et les passages d’ Evangelii gaudium constituent davantage des constats que de véritables affirmations). Dans ses différentes prises de position, forcément circonstancielles, le pape François n’a manifestement pas émis le voeu d’enseigner.
