Et maintenant ils attaquent Mgr Aillet
Après Mgr Le Vert , obligé de se retirer sous la pression d’une poignée d’intégristes post-conciliaires, Mgr Alain Castet , qui résiste aux mêmes qui veulent sa tête, c’est désormais l’évêque de Bayonne, Mgr Marc Aillet , qui subit les foudres de la frange progressiste de son diocèse, ainsi que le raconte un article complaisant de Sud Ouest . Celui que Mgr Gueneley , évêque émérite de Langres, voulait faire plier, a déjà fait l’objet d’un dossier à charge dans un récent numéro de Golias. Désormais, les réseaux extrémistes post-conciliaires sont mobilisés contre lui.
Ainsi, une responsable catholique bayonnaise, qui dit prendre la plume au nom de « beaucoup de chrétiens des Pyrénées-Atlantiques qui ne sont pas heureux avec leur Église » (beaucoup, c’est combien ? Entre 2 et 5 ?…), a écrit directement au pape François (on ne s’embarrasse pas des intermédiaires chez les cathos de gauche) :
«Nous sommes de bonne volonté pour appliquer toutes les dispositions du concile Vatican II, mais pas pour revenir en arrière, au concile de Trente ou aux années 1950. C’est au point que certains ont déserté leur paroisse, vont ailleurs ou ont abandonné la pratique, dans le désarroi où ils sont. »
L’été dernier, ils seraient 150à s’être réunis pour écrire tout ce qu’ils avaient sur le cœur. À la rentrée, ce groupe dénommé « Prenons la parole en l’Église » a rencontré Mgr Aillet pour lui détailler 21 griefs.
« Les chrétiens ne veulent pas que la gouvernance épiscopale, par manque de concertation, ressemble à une dictature […] Que les juifs soient critiqués lors d’une homélie pendant l’Eucharistie […] Ils veulent une Église ouverte et non une hiérarchie diocésaine à tendance Front national ».
Une mère de famille qui était très impliquée dans la paroisse (comprenez : une « dame caté » qui a confisqué la liturgie…) s’épanche :
« À son arrivée, il a imposé sa vision rétrograde de l’Église, sous un sourire affable et des dehors ouverts ». « Sur les trois églises autour de chez moi, deux donnent la messe en latin et une en basque. Je me suis sentie virée, indésirable. Je n’ai plus ma place. »
Ce qui est reproché à Mgr Aillet c’est d’avoir aussi muté des curés très implantés dans leurs paroisses, tandis que des prêtres issus des communautés de Saint-Martin et Saint-Thomas-Becket étaient recrutés. Ces abbés en soutane ont repris en main les églises de Biarritz et de Bayonne, avec forme extraordinaire, ordinaire classique, chant grégorien, encens, bref… la liturgie de l’Eglise, qui avait été caricaturée, confisquée par une poignée de progressistes qui ont vidé les églises ces 30 dernières années.
Sud Ouest reconnaît que type de cérémonie n’incommode pas tout le monde. A la bonne heure, il y aurait des gens satisfaits de Mgr Aillet ?! Agnès, avocate trentenaire (pourquoi trentenaire ? Parce que les dames citées ci-dessus sont plus proches des 70 ans peut-être ?) en plein parcours de catéchumène, a préféré se tourner vers une église voisine, plus moderne :
« Mais je comprends que l’on puisse apprécier. C’est juste du décor. Comme choisir un look loft ou baroque pour son intérieur. À chacun de pratiquer sa foi avec le rite qu’il préfère. L’important, c’est que l’évêque est ouvert, très à l’écoute. »
Et oui : Mgr Aillet cultive une image d’homme attentif et communiquant, décomplexé tout en restant ferme, notamment à propos de la Gay Pride à Biarritz, du Salon de l’érotisme à Pau, des lois sur la bioéthique, l’euthanasie… Il a relancé la dévotion aux Saints-Cœurs-Unis de Jésus et Marie, ce qui fait trembler d’effroi nos catholiques new age… Les filles ne peuvent plus servir la messe, comme cela est demandé par la liturgie de l’Eglise, ce qui choque ceux qui n’avaient que faire de cette liturgie. « C’est pas ouvert »…
D’autres griefs contre Mgr Aillet ? la censure d’un spectacle donné à la cathédrale ; l’ouverture d’écoles catholiques hors contrat ; ses nombreuses apparitions sur le blogue Le Salon beige… Bigre, que de crimes commis par cet évêque. Et l’ouverture d’un séminaire ? Est-ce à son actif aussi ?
