Nous sommes opposés à la sédation terminale
M gr Pierre d’Ornellas , Archevêque de Rennes et responsable du groupe de travail des évêques de France sur la Fin de vie, répond au questions du groupe de presse Ebra , publiées dans des journaux diffusés ce 12 décembre sur l’Est de la France, alors qu’était remis ce même jour le rapport sur la fin de vie au président français :
« Qu’attendez-vous du rapport Claeys-Leonetti ?
Qu’il conforte et augmente la pratique palliative sur le terrain. L’accompagnement des personnes vulnérables en fin de vie se pratique tous les jours. Il serait dramatique que ce rapport émette un jugement sur cet accompagnement, en laissant entendre que ceux qui le pratiquent ne sont pas dans la bonne voie. Il faut développer une culture palliative, afin que nos concitoyens aient confiance dans la médecine en sachant qu’elle peut apaiser les souffrances et les accompagner.
Que pensez-vous de la proposition d’une « sédation terminale » ?
Attention, les mots ont un sens ! Nous sommes opposés à la sédation terminale car elle est donnée dans le but de terminer la vie de quelqu’un. Quelle personne peut se targuer d’avoir l’autorité de terminer la vie d’une autre ?
L’expression « sédation en phase terminale » est différente. L’intention est alors de soulager les souffrances, même si une des conséquences peut être d’entraîner la mort. La distinction entre ces deux intentions – faire mourir ou apaiser – est fondamentale.
Faut-il faire évoluer la loi Leonetti ?
Je ne suis ni professionnel du droit, ni médecin. Je ne peux dire si la loi Leonetti doit être améliorée. En revanche, ce qui a été voté à l’unanimité en 2005 ne peut pas être défait. Le prendre soin global des personnes vulnérables doit être réaffirmé. Le commandement « tu ne tueras point » n’est pas un empêcheur de tourner en rond, mais un principe fondateur de notre vie en société, de notre fraternité. »
