Conflit entre l’abbé Guerrier de Dumast et Monseigneur Boivineau
Le Dauphiné du 28 décembre rapporte le conflit entre l’évêque d’Annecy de l’un de ses curés.
Le curé de la paroisse Saint-Germain-du-Lac (qui regroupe les églises de Veyrier-du-Lac, Menthon, Talloires, Bluffy, Alex et Saint-Germain), l’abbé Xavier Guerrier de Dumast est en conflit depuis près de cinq ans avec Monseigneur Boivineau, une sorte de conflit entre le curé traditionaliste et la tendance progressiste.
A la base, un autre conflit. A l’Ermitage de Saint-Germain, un centre chrétien de ressourcement spirituel situé au-dessus de Talloires, à 700 mètres d’altitude, la gestionnaire du lieu, Marie Barbieri , une laïque consacrée, est sur le point de quitter les lieux. Des paroissiens, réunis au sein de l’Association pour le rayonnement de l’Ermitage (ARE), soutiennent la gardienne. L’Ermitage de Saint-Germain est un haut lieu spirituel sur les rives du lac d’Annecy qui remonte au XIe siècle. C’est alors que Saint Germain , moine bénédictin et fondateur de l’Abbaye de Talloires a décidé de se retirer dans cette grotte pour mener une vie d’ermite fondée sur la prière, la solitude, et la pénitence. Plus tard, au XVI siècle, l’Ermitage sera marqué par un autre saint homme, Saint François de Sales , évêque de Genève qui a choisi l’Ermitage pour passer les dernières années de sa vie « avec notre plume et notre chapelet ».
L’évêque avait tenté de muter l’abbé Guerrier de Dumast ailleurs, éventuellement à Notre-Dame de la Salette. En vain. Il avait ensuite mandaté un audit sur l’Ermitage. Le rapporteur avait conclu qu’il fallait donner un nouveau statut ecclésial au centre spirituel en l’érigeant en un sanctuaire diocésain. Mais l’évêque n’avait jamais nommé de recteur. Or, le 15 septembre, le curé envoyait une lettre au président de l’ARE pour demander le départ de Marie Barbieri au plus tard le 31 décembre 2014. Avec le soutien d’un des avocats auprès de l’Officialité de Lyon, il envisageait de mener l’évêque devant la justice. Et le 23 décembre, Monseigneur Boivineau abdiquait, annonçant l’arrêt des activités actuelles de l’Ermitage et le départ de Marie Barbieri. Ce dernier a fait savoir dans une lettre datée du 23 décembre et adressée au président de l’ARE qu’il était “ contraint de mettre fin, contre son gré, aux activités de l’Ermitage ”.
