Chacun d’entre nous peut prendre une part de la misère du monde
Voici un extrait de l’homélie prononcée par Son Eminence, le cardinal André Vingt-Trois , archevêque de Paris, lors de la nuit de Noël :
« Les informations qu’on nous a données ce soir sur la fête de Noël consistaient pour vingt-cinq minutes à étudier avec science et précision le marché des cadeaux et des réveillons. Durant les cinq dernières minutes, on nous a quand même dit que Noël, c’était une fête chrétienne et qu’il y avait des gens qui allaient aller à la messe… vous en êtes ! On ne nous a pas parlé des milliers d’hommes et de femmes qui cette nuit, se dévouent à travers les grandes villes ou les villages pour que des hommes et des femmes vivent cette nuit de Noël d’une manière moins pénible, pour que la venue du Christ soit vraiment une espérance pour eux parce que ce sera déjà une réalité. On les aura accueillis, nourris, chauffés, reconnus comme des hommes et comme des femmes. On ne parle pas des milliers d’hommes et de femmes qui vont passer cette nuit au chevet des malades et des mourants, non pas pour leur donner la mort mais pour les aider à mourir dans la dignité, parce qu’ils les jugent dignes de mourir en hommes et en femme aimés de Dieu. Sur tout cela, vous n’entendrez rien, que le silence… Mais c’est notre responsabilité de savoir que cette promesse du Sauveur, cette bonne nouvelle qu’un sauveur nous est né est une réalité. Cela n’est possible que si nous donnons les signes de cette réalité, les signes du salut, si nous donnons à manger à celui qui a faim, si nous habillons celui qui est nu, si nous visitons celui qui est en prison ou celui qui est malade, bref si nous mettons en pratique ce que dit l’Évangile. »
