Les islamistes ne s’intéressent pas au prétendu dialogue du SRI

Professeur d’islamologie, d’histoire médiévale arabe et de langue arabe classique à l’Institut catholique de Toulouse, Marie-Thérèse Urvoy analyse dans le dernier numéro de L’Homme Nouveau le rôle et l’action de l’Église qui est en France aujourd’hui, à propos de l’Islam :

« Le plus choquant dans l’état actuel, c’est l’appel conjoint du Service national pour les relations avec l’islam de la Conférence épiscopale de France (SRI) et de l’Œuvre d’Orient :

« Les chrétiens, les yézidis, les chiites, des sunnites refusent le prétendu État islamique, les Turcomans ont fait l’objet de persécutions et ont été chassés de chez eux. Les cris de détresse et d’injustice doivent être replacés dans ce cadre. Ce prétendu État islamique est un groupe d’une grande cruauté, condamné unanimement par les responsables musulmans en France et par les principales au- torités musulmanes hors de France. »

Non seulement les autorités ecclésiastiques associées aux médias ne condamnent le massacre des chrétiens – qui dure depuis trois ans et demi – que depuis que les djihadistes s’en sont pris aux yésidis et aux Kurdes, mais ils continuent encore de croire et de faire croire à l’existence d’un islam modéré.

Il n’y a pas d’islam modéré. L’islamisme pousse dans le jardin de l’islam. Et ceux qui l’ont semé en subissent désormais les fruits : les Américains créent une coalition, pour contrer ce qu’ils ont eux-mêmes créé. Le Qatar et l’Arabie Saoudite annoncent y participer uniquement depuis leur base aérienne. Et pourtant ce sont eux qui ont financé les frères musulmans et les salafistes. Le Daesh ou État islamique n’en est que la dérive, la corruption ultime. Ils ont voulu cultiver avec leurs pétrodollars un aspic et l’instiller au monde entier, à commencer par l’Occident judéo-chrétien dans l’infidélité la plus totale. Mais cet aspic est devenu un anaconda qui veut dévorer son maître. « Cette situation tragique ne peut être instrumentalisée pour nuire en aucune manière au dialogue islamo-chrétien. Ce dernier est plus nécessaire que jamais. Les chrétiens n’auraient pas d’avenir en Orient sans ce dialogue ». Et on ose affirmer cela à toutes ces personnes en Orient qui pendant ce temps souffrent milles maux. Il semble pourtant que les islamistes ne s’intéressent d’aucune façon à ce prétendu dialogue. La réalité est que les chrétiens d’Orient sont littéralement abandonnés à leur sort, au nom d’un dialogue qui n’intéresse en rien les islamistes. »