Mgr Ribadeau-Dumas contredit Mgr Aubry

Dans le dossier sur la suppression des jours fériés catholiques dans les départements outre-mer, nos évêques sembles divisés. Nous avons vu que Mgr Aubry , évêque de La Réunion, n’avait rien à redire sur ce projet du gouvernement.

En Guyane, Mgr Emmanuel Lafont, évêque de Cayenne, se dit favorable au partage des jours fériés chrétiens avec d’autres religions.

« Le dialogue interreligieux est plus que nécessaire. Que l’on fasse de la place à nos frères et sœurs, cela va dans le sens de l’Evangile. »

Sur cette question, il fustige le « dogmatisme » en France métropolitaine.

« J’ai la chance de vivre dans un milieu différent, où ce dogmatisme français nous apparait ahurissant. On se bat pour rien, alors qu’il est possible de vivre ensemble, dans l’acceptation de chacun avec ses différences. »

Il rappelle qu’il existe déjà des jours fériés propres aux DOM, comme le 10 juin en Guyane, où l’on commémore l’abolition de l’esclavage.

A Blois, en métropole donc, Mgr Jean-Pierre Batut ne s’opposerait pas à des modifications du calendrier des jours fériés en France métropolitaine :

« Je pense qu’il ne faut pas remplacer une fête chrétienne par un jour férié d’une autre religion, mais en ce qui concerne le lundi de Pâques et de Pentecôte, on peut considérer qu’ils sont disponibles pour être donnés à d’autres religions ». « Le calendrier des jours fériés n’est pas une institution divine ! »

Face à eux, seul, pour le moment, le porte-parole des évêques de France, Mgr Olivier Ribadeau-Dumas , dénonce une « attaque forte contre la religion catholique , nous ne pouvons l’accepter ».

« Nous n’avons pas intérêt à ouvrir cette ligne de front qui pourrait être une boîte de Pandore. Il est illusoire en effet de penser que cela resterait demain cantonné à l’outre-mer ».

« C’est une fausse interprétation de la laïcité que de dire “on va enlever à Pierre pour donner à Paul” », disant n’avoir « entendu ni le Consistoire ni le Conseil français du culte musulman demander quoi que ce soit ».

Évoquant une France « marquée par le christianisme » et une « histoire qui se vit paisiblement », Mgr Ribadeau-Dumas a fait valoir que « Noël et Pâques ne sont pas fêtés que par des chrétiens : veut-on supprimer un socle commun à la société française ? »

« On cherche par des biais divers à réduire la place des religieux, sans concertation », a déploré le porte-parole de l’épiscopat français, qui y voit « une preuve de plus que nous n’arrivons pas en France à parler avec sérénité de la laïcité ».

Face à ce gouvernement laïcard, il serait utile que nos évêques se coordonnent et que ceux d’outre-mer regardent un peu plus loin que le bout de leur nez : ce projet de loi Macron étend la possibilité du travail le dimanche, d’une part, et d’autre part, il permet la suppression de jours fériés catholiques et uniquement. Pas de suppression d’un armistice ou du 1er mai. Le fait que ce soit seulement dans les DOM montre juste qu’il s’agit d’un ballon d’essai. Comme pour le travail dominical : on autorise 5 dimanches travaillés, puis 12 désormais, et demain, combien ?