A la fin du carême, nous choisirons un bulletin de vote pour les élections départementales
Message de carême de Mgr Dominique Lebrun , évêque de Saint-Etienne :
« Notre carême commence. Nous y vivons plus intensément le combat de Dieu. Nous croyons que le Fils de Dieu a mené ce combat et le mène encore. C’est JESUS toujours vivant. Il a aimé comme jamais homme n’a aimé. Il a aimé jusqu’à donner sa vie sur la croix (cf. Jn 15, 9-13). La Résurrection que nous fêterons à Pâques est la victoire de l’amour sur le mal, sous toutes ses formes.
Voici le temps favorable
Estimons cette période du carême. C’est un temps favorable. Demandons la lumière, celle que les ténèbres n’ont pas arrêtée (Jn 1, 5). Les ténèbres nous touchent mais « le Royaume de Dieu est tout proche » (Lc 10, 9). Sans peur, accueillons et contemplons la grande grâce de JESUS, vainqueur par amour de tout mal. Par le baptême, nous sommes membres de son Corps. Sommes-nous les membres du Corps du Christ crucifié et Ressuscité ?
Le pardon, trésor pour notre vie, appelle à faire la vérité sur nous-mêmes et entre nous. Demandons la lumière du Christ pour voir plus clairement nos manquements à l’amour. Mort au péché, vivant pour Dieu, JESUS nous appelle à faire mourir en nous « l’homme ancien », et le péché qui conduit à la mort (Rm 6).
Résolument, avec humilité, n’hésitons pas à demander pardon à Dieu pour nos mensonges, nos égoïsmes et nos infidélités de toutes sortes : Il est Père de miséricorde. Il nous aime infiniment. Soyons heureux d’entendre un prêtre nous dire : Je te pardonne au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ! Demandons pardon à nos proches, à nos amis, à nos voisins. Soyons heureux de dire entre nous : je te pardonne !
« Condamnés » au dialogue et à l’amour.
Malgré notre péché, nous sommes comblés d’amour : Dieu est présent de multiples manières, par la prière, par les sacrements, par nos frères, par tout ce qui est vie. Le mal n’a pas d’avenir. Seul l’amour construit. JESUS le révèle. Plus que jamais, nous avons à puiser dans la victoire de l’amour par l’amour. Prendre de long temps de coeur à coeur avec Dieu nous y dispose, fait du bien. Le Pape FRANÇOIS nous y encourage en invitant les chrétiens à vivre ensemble 24 heures pour le Seigneur pendant le Carême, les vendredi 13 et samedi 14 mars. Nous le vivrons à l’église Saint Louis (Saint-Etienne) et au monastère des Clarisses (Montbrison).
Cependant, la tentation est grande de puiser ailleurs que dans l’amour des forces pour combattre nos inquiétudes. Je crois rejoindre beaucoup d’entre vous en les énumérant ainsi : l’avenir de notre pays, de l’Europe qui renonce petit à petit à ses marques chrétiennes, à côté d’un Islam dont la place est grandissante ; la montée du radicalisme de musulmans ; des flux migratoires conséquences de la pauvreté ou de l’insécurité ; la vie économique et sociale où l’on cherche en vain des signes positifs ; une mondialisation qui montre plus de déchirements et de cruautés que de solidarité ; la famille qui a tant de mal à être la cellule d’amour promise, et si peu encouragée.
Devant ces inquiétudes, il ne convient ni de nier les faits, ni de donner des explications simplistes pour des solutions expéditives. Nous avons surtout à craindre que nos coeurs ne se grippent et accusent : dire « c’est ta faute », « c’est sa faute », n’est pas le chemin de l’Evangile. JESUS condamné, portant sa croix, refuse la vengeance ou la politique du bouc-émissaire. Il appelle la miséricorde du Père : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23, 34). Durant sa vie, ceux que JESUS condamne et élimine, ce sont les démons. Car Il sait que le mal n’est pas le fond de l’homme, ni son avenir. Il manifeste son amour par le choix de ses disciples dont nous sommes les héritiers, pauvres hommes mais si heureux d’être appelés et sauvés. Il manifeste l’amour du Père, en faisant de chaque homme son prochain, son frère.
Marcher dans l’espérance et la joie
Dans nos paroles, dans nos gestes, demandons-nous où nous en sommes du dialogue jusqu’au bout, de l’amour jusqu’aux ennemis : « Et moi, je vous dis : aimez vos ennemis, priez pour vos persécuteurs ! », dit JESUS (Mt 5, 44). Ne renonçons pas à cette grande et belle originalité de l’Evangile de JESUS, victoire de l’amour qui nous remplit de joie profonde ! Ne renonçons pas à la joie de la rencontre et du dialogue qui fait émerger une vérité plus grande et plus belle ! Ne renonçons pas à la charité, en somme à la joie de l’Evangile !
A la fin du carême, j’espère que nous serons nombreux à choisir un bulletin de vote pour les élections départementales. Comment le ferons-nous ? Avec un coeur grippé prêt au pire ou bien avec un coeur purifié par l’amour ? Avec un coeur résigné, méfiant voire endurci ou bien avec un coeur qui choisit à nouveau la voie du dialogue et de la raison ? Avec un coeur qui accuse ou bien avec un coeur qui met sa foi en l’Esprit Saint présent avec nous selon la promesse de JESUS (cf. Jn 14, 16) ?
Le temps du carême est le temps de l’espérance. Le spectacle de la cruauté des hommes inspire heureusement un très large rejet. En fait, ne pas fermer les yeux sur le mal est déjà un signe d’espérance. Nos yeux sont ouverts sur le monde que Dieu aime, et c’est une grâce. Notre Eglise apprend aussi à se reconnaître pécheresse, et à demander pardon. Elle s’essaie à l’humilité et à la pauvreté. C’est notre espérance commune.
Dieu aime la Loire, comme Il aime la France et le monde. JESUS l’a révélé par sa parole, par ses attitudes, par le don de sa vie. Et cela pour que notre joie soit complète (cf. Jn 15, 11). Notre joie est-elle complète ? A Pâques, dans la résurrection de son Fils, Dieu la donne aux nouveaux baptisés ! Préparons-nous à la recevoir tous ensemble à nouveau !
Bon carême, dans la joie de l’Évangile. »
