16 questions pour enrichir le synode sur la famille
Voilà un bon moyen d’éviter de ramener le synode au cas des unions homosexuelles et à la communion aux adultères publics. 16 questions ont été évoquées par les évêques de France à propos du synode, et pour chacune un théologien doit présenter son travail en mars. Parmi les sujets, on trouve l’enseignement de l’Église sur la famille et le mariage honore-t-il la richesse et la complexité de la parole de Dieu ? L’ouverture à la vie, vocation de l’amour conjugal, se réduit-elle à l’engendrement ? La mission sociale de la famille : une question négligée ? La foi, une condition pour le mariage sacramentel ? Célibats, célibataires : quelles perspectives en Église ? … Les évêques enverront leur synthèse à Rome pour le 15 avril.
En France, sur les plus de 12 millions de célibataires (personnes non mariées mais qui ont l’âge de l’être), on estime entre 4 et 6 millions le nombre de ceux qui vivent seuls. Constatant que les célibataires ont été oubliés du dernier synode, les évêques de France souhaitent que le sujet soit évoqué en octobre prochain à Rome. Pour préparer la discussion, le Conseil famille et société de la CEF a demandé au jésuite Christoph Theobald , enseignant au Centre Sèvres à Paris (photo ci-jointe), de rédiger une note théologique sur le sujet afin que les évêques puissent en débattre lors de leur Assemblée plénière, fin mars.
Mgr Luc Ravel se déclare en effet déçu à la lecture du rapport du premier Synode. L’évêque aux armées a animé plusieurs pèlerinages pour célibataires et fondé Notre-Dame de l’Écoute (NDE) qui regroupe des célibataires pour des temps conviviaux et spirituels. Mgr Ravel considère que « la question des célibataires ne doit pas être laissée aux psys et aux sites Internet » et que c’est un « devoir » pour l’Église que de réfléchir sur cet état de vie.
« Le célibat est un fait social massif de nos sociétés occidentales et il est surprenant qu’on ne lui consacre pas une seule ligne dans un tableau des familles qui se veut exhaustif » .
Le Père Denis Sonet , qui organise de longue date des sessions pour célibataires, indique :
« Le Synode s’est centré sur les divorcés remariés et sur la contraception qui posent des questions criantes à l’Église, alors que ce n’est pas le cas des célibataires ».
Capucine Couchet , conseillère conjugale du CLER à Paris qui reçoit souvent en consultation des femmes seules de 35-45 ans, explique :
« Dans les paroisses, les célibataires ne sont guère visibles », lance , « à l’âge où la pression sociale et familiale est la plus douloureuse ». « Elles ne se plaignent pas, ne revendiquent rien, si bien que les responsables de l’Église ne voient pas où est le problème ». « L’Église ne perçoit pas les célibataires comme étant en demande parce qu’eux-mêmes n’osent pas dire leurs souffrances et leurs attentes, comme s’ils en avaient honte. » « Dans l’Église, les célibataires sont vraiment les parents pauvres ! »
Mgr Hervé Giraud , évêque de Soissons, avait publiquement regretté l’oubli du Synode devant l’Assemblée des évêques de France à Lourdes, en novembre :
« À force d’insister sur la famille et la vie consacrée, ceux et celles qui ne sont engagés ni dans le mariage ni dans le sacerdoce ou la vie religieuse se sentent oubliés, voire dévalorisés, par l’institution ecclésiale ».
