Clôture en catimini du procès en béatification d’Edmond Michelet

La cérémonie était presque intime (la presse a quand même eu droit à sa photo) : elle a eu lieu dans l’oratoire de l’évêché de Tulle il y a quelques jours. Discrètement, en catimini même (pour éviter la présence d’importuns ?), étant donné que ce dossier soulève de nombreuses questions non résolues et déchaine les passions, le diocèse de Tulle a clos le procès diocésain commencé en 2004 (officiellement en 2006) concernant la béatification du ministre de la Justice du général de Gaulle : Edmond Michelet (1899-1970).

Mgr Bestion , évêque de Tulle, et son prédécesseur, Mgr Charrier , ont scellé un carton de documents. Mgr Bestion indique :

« Cela marque la fin de l’enquête diocésaine, explique le premier. Nous avons regroupé tous les documents, des milliers de pages qui ont été classifiées, numérotées, mises en caisse. Tout partira à Rome début avril ».

« Le travail au niveau du diocèse est terminé. Ce fut un long travail, mené avec opiniâtreté, minutie et ardeur sous la conduite de Lucienne Sallé avec l’aide de la soeur Marie-Josephe Guillossou et de Marie-Dominique Labrousse . Le dossier va être confié à la Congrégation pour la cause des saints, à Rome. Un postulateur romain doit être nommé. Il aura la redoutable charge de rédiger une synthèse que l’on appelle positio ».

« Cela peut prendre encore des années, d’autant que la cause est relativement récente ».

Et que cette cause soulève de nombreuses questions… Des questions auxquelles Mgr Bestion n’a pas souhaité répondre, se contentant, selon ses mots, de verser les pièces au dossier. Et surtout de répondre à l’auteur des questions, seulement une fois l’enquête close… Ainsi Bernard Zeller , fils de l’un des généraux putschistes, a-t-il reçu cette réponse du 16 février :

Lucienne Sallé avait vertement critiqué Bernard Zeller à propos de son ouvrage sur Michelet (que Riposte catholique avait évoqué ). Ce dernier ne désarme pas et a indiqué à Mgr Bestion qu’il contenait informer Rome des sombres faits qui entachent la réputation d’Edmond Michelet, à savoir :

Certains objectent que Bernard Zeller en vue personnellement, en raison de son père, à Edmond Michelet et donc que ce qu’il dit est dénué d’objectivité. Ce à quoi il faut répondre que les défenseurs de la béatification sont très souvent liés familialement à la personne de Michelet… ce qui ne manque pas d’ironie. Rappelons que Edmond Michelet est le grand-père de Mgr Benoît Rivière , évêque d’Autan. Mais accuser l’autre de manque d’objectivité permet d’éviter de répondre aux questions qui fâchent. Un blogue très intéressant n’hésite pas à les aborder.

A ces faits troublants, il faut ajouter que la procédure diocésaine n’a pas été pleinement respectée. En effet, selon l’article 15 de l’Instruction Sanctorum Mater , le postulateur de la cause est tenu de résider dans le diocèse où a lieu l’instruction. Ceci n’a pas été le cas puisque la postulatrice, Lucienne Sallé, réside en permanence dans les Alpes Maritimes.

L’Instruction précise en son article 118, que la personne objet de l’enquête ne doit pas faire l’objet d’un culte indu, puisque le pape n’a pris aucune décision. Or des images de grande taille d’Edmond Michelet ont été affichées dans de nombreuses églises ( voir ici ), et même dans des cathédrales, entourées d’images de Sainte Thérèse de Lisieux , de Sainte Bernadette Soubirous , du saint curé d’Ars, entre autres, donnant faussement aux fidèles l’idée qu’Edmond Michelet était déjà saint ou bienheureux.

Tous ces faits troublants sont désormais entre les mains de la Congrégation pour la cause des saints.