Pèlerinage sur les pas de Marc Sangnier
Le diocèse d’Evry appelle à pèleriner vers Chartres aux Rameaux, avec pour thème
On se demande ce que vient faire Marc Sangnier dans un pèlerinage diocésain. Ce personnage du début du XXe siècle a en effet créé un mouvement, Le Sillon, qui a été condamné par le pape saint Pie X dans sa Lettre sur le Sillon du 25 août 1910.
En premier lieu, il convient de relever sévèrement la prétention du Sillon d’échapper à la direction de l’autorité ecclésiastique. Les chefs du Sillon, en effet, allèguent qu’ils évoluent sur un terrain qui n’est pas celui de l’Église ; qu’ils ne poursuivent que des intérêts de l’ordre temporel et non de l’ordre spirituel ; que le Sillonniste est tout simplement un catholique voué à la cause des classes laborieuses, aux oeuvres démocratiques, et puisant dans les pratiques de sa foi l’énergie de son dévouement ; que, ni plus ni moins que les artisans, les laboureurs, les économistes et les politiciens catholiques, il demeure soumis aux règles de la morale communes à tous, sans relever, ni plus ni moins qu’eux, d’une façon spéciale, de l’autorité ecclésiastique. […]
Nous ne connaissons que trop les sombres officines où l’on élabore ces doctrines délétères qui ne devraient pas séduire des esprits clairvoyants. Les chefs du Sillon n’ont pu s’en défendre : l’exaltation de leurs sentiments, l’aveugle bonté de leur coeur, leur mysticisme philosophique, mêlé d’une part d’illuminisme, les ont entraînés vers un nouvel Évangile, dans lequel ils ont cru voir le véritable Évangile du Sauveur, au point qu’ils osent traiter Notre-Seigneur Jésus-Christ avec une familiarité souverainement irrespectueuse et que, leur idéal étant apparenté à celui de la Révolution, ils ne craignent pas de faire entre l’Évangile et la Révolution des rapprochements blasphématoires qui n’ont pas l’excuse d’avoir échappé à quelque improvisation tumultueuse.


