Patriarche Louis Raphaël Sako: « les printemps arabes ont eu un effet négatif pour nous »
Les printemps arabes survenus à partir de 2011 ont été accueillis avec enthousiasme, puis avec une circonspection qui a fini par être croissante. Outre l’apparition de guerres civiles (Libye, Syrie), et, dans un premier temps, de succès des partis islamistes (Tunisie), il faut noter une nette dégradation de le situation des chrétiens. Évidemment, cette situation était loin d’être idyllique sous les hommes forts de certains régimes disparus ou menacés. N’oublions pas les nationalisations des écoles, l’obligation de se soumettre à la propagande du régime, voire le contrôle des prêches… Il ne faut pas non plus oublier que l’islamisation de certains régimes réputés protecteurs des chrétiens a aussi été de mise, à la suite de l’effondrement de certaines idéologies (affaiblissement du nationalisme laïc, etc .). Cependant, il faut bien noter que de délicate et difficile, la situation est devenue tout simplement catastrophique. Naguère précaire, l’existence des chrétiens est désormais risquée. Pour Mgr Louis Sako, patriarche chaldéen catholique, « en toute sincérité , ce qui est convenu d’appeler “les printemps arabes” a eu un effet négatif pour nous » . C’est ce qu’ il a notamment déclaré au moment où se tenait la réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies consacrée aux chrétiens d’Orient et aux minorités pourchassées au Moyen-Orient. Les chancelleries occidentales, elles, ont été assez lentes à comprendre ce risque évident de disparition des chrétiens… Pour les chrétiens d’Orient, l’image des printemps arabes sera associée à une dégradation accélérée de leur situation.
