Drames des migrants: Mgr Nunzio Galantino fustige la déstabilisation de certains pays opérée par les occidentaux
Mgr Nunzio Galantino, secrétaire général de la Conférence épiscopale italienne (CEI), réagit à la suite de la mort des 12 chrétiens jetés à la mer par d’autres migrants. Il ne mâche pas ses mots et dénonce aussi bien la radicalisation de certains migrants que la déstabilisation de certains pays par les occidentaux . Cette dernière explique ainsi l’afflux de migrants et les drames qui lui sont consécutifs.
Il constate d’abord la porosité de certains migrants à l’égard de l’islam radical (ils ne sont donc pas de doux agneaux, contrairement à un certain imaginaire…):
Il fallait s’y attendre. Certains discours jusqu’ici restaient sur le plan idéologique. Une idéologie qui alimentait certains comportements encadrés par des éléments plus ou moins structurés, des groupes, des associations, des clans. Désormais ce genre de discours contrasté, de revendication, malheureusement basé sur la religion mais qui n’a en réalité rien à voir avec elle, est appliqué au niveau individuel. Cela représente selon moi un pas de plus vers la barbarisation, l’instrumentalisation de la religion.
Cela signifie-t-il que l’extrémisme de l’État islamique et, par exemple, de Boko Haram au Nigéria, se fait une place toujours plus grande ?
Quand des personnes qui vivent la même situation difficile, comme les traversées en mer, instrumentalisent l’expérience religieuse, le credo religieux, pour faire prévaloir sa propre pensée, cela veut dire que certains raisonnements ont été intériorisés.
Mais le secrétaire général fustige également les interventions déstabilisatrices des occidentaux, sans nommer explicitement les pays. Il n’est nul besoin d’être grand clerc pour comprendre que l’intervention libyenne est visée:
Le rôle modeste des États-Unis dans cette situation, surtout en Afrique du Nord, vous surprend ?
J’attends que les États-Unis, l’Europe et les autres disent au moins une parole. Au moins une ! D’autocritique sur ce qu’ils ont fait dans le passé. Si nous sommes sérieux, nous devons dire aussi qu’une grande partie de cette situation a été favorisée, sinon créée, par certains types d’interventions imprudents, des interventions derrières lesquelles on découvre toujours plus qu’il n’y avait que des intérêts : pas l’envie d’exporter des valeurs, la démocratie !
