Conversions à l’islam dans le diocèse de Mgr Nourrichard
Aujourd’hui mardi 19 mai, un colloque organisé par l’Institut catholique de Paris pour le 50 e anniversaire de la déclaration Nostra aetate du concile Vatican II sur les relations de l’Église avec les religions non chrétiennes, aborde le cas des chrétiens convertis à l’islam. Un jour peut-être un colloque officiel se penchera sur le cas de ces nombreux musulmans qui veulent entrer dans l’Eglise…
Les mosquées fleurissent un peu partout en France, comme dans le diocèse d’Evreux, à Évreux déjà, mais aussi à Vernon ou Val-de-Reuil. Et ces mosquées ne sont pas fréquentées seulement par des immigrés musulmans. Il y a aussi de Français de souche, comme on ne doit pas dire. Des jeunes qui ont été baptisés, catéchisés, voire confirmés – comme Maxime Hauchard , ce jeune homme qui a rejoint les rangs de Daech en Syrie. Voilà des fats qui devraient interroger le vécu des agents de la pastorale…
Le père Jean-François Berjonneau , délégué aux relations avec l’islam et co-animateur du service Carrefour des cités dans le diocèse d’Évreux, reconnaît le problème :
« Comme pasteur, ces conversions me posent question. »
Mais ce sujet reste pourtant encore difficile à aborder dans l’Église catholique. Josette constate que le nombre de couples mixtes augmente et que, « le plus souvent, la femme, qui était chrétienne, se convertit » . Membre de l’équipe d’animation paroissiale et d’origine sénégalaise, Irène , ajoute :
« Cela fait plusieurs années que je demande une formation pour nous apprendre à nous défendre » .
Se défendre ? Mais quelle horreur… Le curé, l’abbé Jean-Marc Le Cam , la corrige, mais elle poursuit :
« Tous les jours, j’entends des remarques de mes voisines sur ma religion, par exemple si je me mets un foulard sur la tête un matin, parce que je n’ai pas eu le temps de me coiffer ».
Un dimanche elle a repris son fils qui « n’osait pas dire à ses copains qu’il allait à la messe » . « Eux, les musulmans sont fiers d’aller à la mosquée » .
Une initiative interreligieuse dans le quartier de La Madeleine à Évreux a tourné court : Bissenty , jeune chrétien d’origine sénégalaise, et Grégory , musulman, converti, avaient eu l’idée d’une célébration commune de la fête des mères. Refus des mères chrétiennes d’origine sénégalaise, critiquant avec véhémence « ces musulmans qui nous piquent nos enfants » . Le père Berjonneau avoue :
« Certains jeunes d’origine africaine m’ont rapporté que des musulmans les invitaient explicitement à la mosquée en leur affirmant que “l’islam est la religion des Noirs” ».
Bissenty raconte :
« J’ai quelques amis et cousins qui se sont convertis. À mes yeux, il ne s’agit pas d’un vrai rejet de la religion catholique. C’est plutôt qu’ils n’y avaient pas trouvé leur place et restaient dans une quête de sens, de discipline et de partage ». « Peut-être les choses auraient-elles été différentes si un ami les avait amenés vers le Christ, mais il s’en est trouvé un qui leur a fait découvrir le Prophète. »
Faudrait-il revoir la pastorale du diocèse ? Sortir de l’enfouissement ? Revenir au catéchisme, aux processions populaires, aux belles liturgies qui attirent, à l’encens, la soutane et toutes ces choses poussiéreuses ?… On ne peut pas d’un côté réduire un bon prêtre au silence et de l’autre, se lamenter que les chrétiens aillent voir ailleurs.
Source : La Croix
