Visite du Cal Parolin : silence de l’Elysée

En visite en France pour l’UNESCO, le Secrétaire d’Etat du Vatican devait rencontrer aujourd’hui François Hollande et Manuel Valls. Silence complet du côté de l’Elysée, qui n’a pas inscrit cette rencontre sur l’agenda du président. Il faut dire que malgré les sourires diplomatiques, les relations sont tendues avec cette affaire de nomination d’ambassadeur qui n’avance pas. Le message du cardinal est de dire qu’il n’y a pas de crise entre le Vatican et la France. De crise, non, mais des tensions, oui.

Le cardinal Parolin a tout de même reconnu qu’au menu de sa rencontre avec les autorités françaises, il y avait le sujet de l’ambassadeur de France. Et aussi celui des chrétiens persécutés. Le cardinal Parolin a estimé «être très heureux» de ce que «fait la France» pour aider les chrétiens d’Orient car «par son histoire et en vertu du rôle qu’elle joue dans les relations internationales, la France doit vraiment prendre à cœur la question des Chrétiens du Moyen-Orient et celui des minorités en général.»

«Il faut essayer, avec les moyens politiques diplomatiques, de défendre ces Chrétiens et de leur assurer la possibilité de rester dans leur patrie.» Il a reconnu à cet égard qu’il existe un «débat», beaucoup se demandant si «les chrétiens doivent partir ou rester?» «le Saint-Siège veut faire tout son possible pour que les Chrétiens restent». Il faut donc «assurer aux Chrétiens le droit de rentrer dans leurs villages et maisons, avec des conditions de sécurité et de droit pour leur vie».

L’autre sujet concerne «le thème du climat en vue de la conférence COP 21 qui se déroulera à Paris». Enfin, concernant la polémique française des programmes scolaires, le cardinal, qui a prononcé un discours sur l’éducation à l’UNESCO, un discours à faire se tordre Najat Belkacem, le cardinal a mis en garde contre «l’approche réductionniste» des programmes pour des raisons «purement économiques». Il a ainsi fait l’éloge des «disciplines humanistes». Interrogé sur la mise à l’écart du latin, le cardinal a lancé:

«Surtout ne le faites pas! Cela fait partie de la formation humaniste. Si nous perdons les racines – donc notre histoire et notre culture – nous perdons notre identité. Or nous avons besoin de notre identité, non pour rester sur le passé mais pour faire face à l’avenir.»

Najat, pourquoi tu tousses ?

A noter que le site internet de la CEF est également très silencieux sur la venue du n°2 du Vatican à Paris. Un non-évènement sans doute.