Changer la pastorale revient logiquement à toucher à la doctrine

Les promoteurs d’un nouveau regard sur les actes homosexuels et sur l’accès des divorcés dits remariés (il faudrait parler plus exactement de « séparés réengagés » , comme le rappelle la revue Nova et Vetera ) à la communion eucharistique ne prétendent pas toucher à la doctrine, créant ainsi une contradiction qu’ils ne veulent pas reconnaître.

Une contribution publiée dans La Croix , particulièrement favorable à un changement de doctrine, reconnaît cette contradiction:

Comment ne pas voir que cette prétention à accueillir des personnes tout en condamnant leur orientation non choisie, les individus en rejetant la vie de couple à laquelle ils aspirent, divise les communautés, leurs pasteurs, et les personnes concernées elles-mêmes, ­clivées entre leur attachement à l’Église et l’attachement à leur conjoint ? Et pour ceux qui ne sont pas en couple, la répétition de déclarations alarmistes, comme celle du cardinal Parolin parlant d’une « défaite pour l’humanité » après le référendum irlandais, renforce les sentiments d’indignité.

Le contributeur lâche le « morceau »:

Rechercher une attitude plus accueillante, plus conforme à l’Évangile, vis-à-vis des personnes homosexuelles, sans vouloir toucher à la doctrine telle qu’elle a été élaborée par le Magistère, n’est pas seulement une incohérence ou une forme d’hypocrisie, mais une impasse.

C’est précisément un pas que Mgr Forte n’a pas osé franchir, ni même le cardinal Kasper, dont on peut se demander si leur bricolage théologique (notamment celui de ce dernier) n’équivaut pas au rabâchage d’une casuistique qui n’a pas disparu, y compris dans la frange ecclésiale progressiste… Si on admet une pastorale accueillante non seulement à l’égard des personnes, mais à l’égard des comportements, c’est bien parce que la doctrine de fond est erronée. Il y a nécessairement ce présupposé, souvent implicite et que beaucoup n’osent pas émettre. Le débat n’est alors plus pastoral, mais bien doctrinal. Traduction: il faut requalifier certains comportements peccamineux et ne plus parler de péché mortel, d’acte gravement désordonné. Au final, c’est l’idée même du péché qui s’estompe et aussi la perspective du péché comme refus de Dieu. C’est même l’athéisme qui se profile. Or, l’Église a, au mieux, le pouvoir d’expliciter sa doctrine, mais pas de la changer. La Révélation est close depuis la mort du dernier Apôtre. Tout ce que l’Église peut faire, c’est apporter des précisions sur son enseignement. Cela s’appelle le développement homogène du dogme. Autrement dit, les tentatives kaspéro-forto-baldissériennes sont vouées à l’échec, minées par une contradiction intenable. Il y a bien une « impasse », comme le reconnaît le contributeur de La Croix , par ailleurs participant au « synode sur la famille en Essonne » . Mais pas pour certains membres du futur synode sur la famille…