L’évolution de l’islam en France
Invité du service de la formation du diocèse de Saint-Denis le 29 juin, le professeur Gilles Kepel , politologue spécialiste de l’islam en France, a animé à la Maison diocésaine, une journée de travail avec les acteurs pastoraux du diocèse et une conférence débat en soirée ouverte à tous sur le thème : « Dix ans qui ont changé le visage de la France ».
Après deux témoignages des pères Jean Courtaudière , délégué diocésain aux relations avec l’islam, et Gérard Marle , curé des paroisses de La Courneuve, Gilles Kepel a brossé un tableau de l’évolution de l’islam en France au fil des années. Il distingue historiquement trois phases :
- l’islam des Pères (les « darons ») correspond aux travailleurs immigrés venus reconstruire la France après la guerre,
- l’islam des Frères (les « blédards ») avec l’arrivée d’étudiants inspirés par l’islam politique des frères musulmans,
- l’islam des jeunes nés et élevés en France. Ces derniers se lancent volontiers dans l’action religieuse et militante, identitaire, très visible sur les réseaux Internet (voile, halal).
Parallèlement à ces deux dernières phases, apparaît en France un nouveau courant, rigoriste, fondamentaliste, apolitique et traditionaliste : le « tabligh ». Se développeront alors des courants de plus en plus inspirés d’un salafisme radical. A la suite de théoriciens comme Abou Moussab Al-Souri seront désignées des cibles « légitimes » : juifs, apostats, anti-islamistes… bref, tout le monde, sauf les adeptes. Ce dernier courant conduit aux évènements tragiques récents.
