Homélie pour le 3ème évêque de Belfort-Montbéliard

Homélie de Mgr Bouilleret lors de l’ordination de Mgr Dominique Blanchet à Belfort, le 12 juillet :

« Frères et sœurs, chers amis, en ce jour de joie pour le diocèse de Belfort-Montbéliard, nous faisons nôtre l’adresse de Paul aux chrétiens d’Ephèse : « Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ ! Il nous a bénis et comblés des bénédictions de l’Esprit, au ciel, dans le Christ. » Nous bénissons le Seigneur d’avoir choisi notre frère Dominique pour qu’il soit le pasteur de l’Eglise locale qui nous rassemble aujourd’hui. Merci à l’Eglise d’Angers de partager le souci de toutes les Eglises en le remettant entre les mains des diocésains de Belfort-Montbéliard.

Nous le remercions d’avoir dit oui à l’appel du Saint Père à devenir le 3 ème évêque de Belfort-Montbéliard. C’est dans la confiance que nous acceptons ce que l’Eglise nous demande. Nous essayons de mettre en notre vie la parole de Saint François de Sales : « C’est le meilleur de ne rien désirer et ne rien refuser ». Pour notre frère Dominique, sa vie de baptisé et de confirmé, enracinée dans l’eucharistie, sa formation humaine et son expérience professionnelle, ses responsabilités diocésaines l’ont bien préparé à ce nouveau ministère à la suite des apôtres. Je n’oublie pas son engagement dans le Prado. « Faire en sorte que les pauvres aient leur place privilégiée à l’intérieur de l’Eglise et qu’ils puissent y exprimer leur foi. »

En recevant la charge épiscopale, il devient membre du collège apostolique. Comme il l’a expérimenté en son diocèse d’Angers et dans la Province ecclésiastique de Rennes, il saura s’appuyer sur l’expérience et la collaboration avec ses frères évêques de Franche-Comté et de la Province de Besançon sans oublier les diocèses de Strasbourg et de Metz qui sont associés à notre travail provincial.

La nomination d’un évêque est un événement majeur de la vie d’un diocèse et d’un territoire. Il arrive dans une région qu’il aura à découvrir, à connaître et à aimer. C’est vers un peuple qu’il est envoyé pour annoncer l’Evangile et vivre de la Bonne Nouvelle. Depuis plusieurs semaines, notre frère Dominique a pris soin d’entrer dans l’histoire de son nouveau diocèse. Même si ce diocèse est récent, il est marqué par une forte identité. La tradition industrielle forte de milliers de salariés façonne profondément ce pays. Au cœur des mutations profondes de notre société, l’Eglise se rend présente aux joies et aux peines de tous ceux qui habitent un diocèse.

Au nom de mes frères évêques, je souhaite remercier Mgr Claude SCHOCKERT de l’immense travail qu’il a accompli durant 15 ans. Il n’a pas ménagé ses forces pour être présent partout où la mission l’appelait. Ses responsabilités au sein du Secours Catholique et l’héritage de DIACONIA l’ont rendu attentif à toutes les pauvretés qui existent au sein de ce diocèse. Notre reconnaissance est à la mesure de son dévouement. Nous savons qu’il poursuivra à Nancy et au niveau national son souci des plus fragiles dans notre société.

Lors des « aux revoirs », il s’exprimait ainsi en souhaitant la bienvenue à son successeur : « Sous sa conduite, que l’Église de Belfort-Montbéliard soit une Église humble et fidèle, fraternelle et joyeuse, fervente et audacieuse pour donner aujourd’hui par sa vie des signes de l’espérance que Dieu met dans son cœur. »

« En ce temps-là, Jésus appela les Douze ; alors il commença à les envoyer en mission deux par deux. »

L’Evangile que nous avons entendu nous trace l’esprit dans lequel l’Apôtre est envoyé au monde. Jésus est celui qui appelle. Un apôtre s’appuie sur l’appel que le Seigneur lui a adressé. C’est bien par Jésus lui-même que l’évêque est appelé par la médiation de l’évêque de Rome, successeur de Pierre. L’appel nous enracine dans une grande proximité avec Jésus.

Si Jésus appelle sans cesse des ouvriers pour sa moisson, c’est pour les envoyer « deux par deux » nous dit le texte de l’Evangile de Marc. La mission n’est jamais individuelle. Elle est faite de collaborations et s’enracine dans une communauté, ici la communauté des Douze. Etre envoyé, c’est quitter. L’évêque quitte le diocèse qui l’a vu grandir, qui l’a formé et où sa mission s’est développée. C’est pour lui à la fois une joie de servir l’Eglise et un détachement vis à vis de tous ceux avec qui il a collaboré comme prêtre. La joie de porter l’Evangile « sur l’autre rive » comme l’exprime l’Evangile l’emporte sur le regret de partir.

« Il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route… »

L’invitation de Jésus à partir sans rien prendre peut nous surprendre. Le bâton à la main et les sandales au pied renvoient peut-être à la symbolique de la Pâque juive « la ceinture aux reins, les sandales aux pieds, le bâton à la main » (Exode 12,11). C’est la hâte qui est signifiée dans cette évocation. L’envoi en mission ne peut attendre… Il faut partir.

Frères et sœurs, prions pour notre frère Dominique qui va recevoir l’ordination épiscopale. Il entre ainsi dans une plus grande proximité avec le Christ dans le collège épiscopal.

Souhaitons-lui de répondre pleinement à l’invitation du Seigneur que nous avons entendue dans la première lecture : « Va, tu seras prophète pour mon peuple Israël. » »