Il en va des valeurs chrétiennes et républicaines…
Communiqué de Mgr Scherrer , évêque de Laval :
Le Pape François vient d’adresser un appel courageux pour que nous nous mobilisions en faveur des migrants. Comme évêque, je reçois cet appel avec gravité et enthousiasme à la fois.
Gravité, parce que la situation est tragique. Nous faisons face à un afflux de réfugiés d’une ampleur jamais égalée depuis 60 ans. Des familles entières quittent leur maison, leur pays pour échapper à la mort. Nous nous devons de les accompagner dans ce douloureux parcours.
Enthousiasme, parce que le Pape François nous provoque à l’impératif de la fraternité et de l’amour. Il nous convainc que si nous fédérons nos énergies, des solutions pourront être trouvées ; car notre Europe, quoiqu’en disent certains, est en capacité d’accueillir ces migrants.
Notre Église, de son côté, n’a pas attendu l’appel du Pape François pour agir. Depuis plusieurs années déjà, des initiatives ont été prises en de nombreux diocèses, y compris en Mayenne où un partenariat avec des associations caritatives nous a permis d’offrir un accueil à plusieurs familles à la rue.
Mais le Pape nous appelle à nous mobiliser davantage encore. Aussi, j’encourage les chrétiens :
- à venir grossir les rangs d’associations d’aide et d’accueil de réfugiés,
- à ouvrir, pourquoi pas, les portes de leur maison, mais avec la conviction que l’accueil ne suffit pas : il faut se donner les moyens d’accompagner ces familles en vue d’une intégration véritable et durable. J’insiste aussi sur la nécessité de toujours agir en concertation avec les pouvoirs publics et de s’entourer d’une équipe. L’accueil de réfugiés ne s’improvise pas.
- à apporter dans la durée un soutien financier pour donner à ces familles des moyens de vivre. L’émotion nous fait réagir dans l’instant, notre amour du frère nous invite à l’accompagner tant qu’il ne se tient pas debout seul. Comme l’a rappelé le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France, « le seul appel à l’initiative privée ne saurait suffire à résoudre la question des migrants » : État, collectivités locales, associations doivent faire converger leurs plans d’actions en reposant de façon courageuse la question des moyens (accès au logement, accès au travail…).
Face aux drames que vivent des milliers de migrants, nous ne pouvons pas rester impassibles et, encore moins, inactifs. Osons vaincre nos peurs ! Sortons de nos égoïsmes ! Il en va de l’honneur de notre pays et des valeurs chrétiennes et républicaines qui sont les siennes.
