Bernard Cazeneuve à la CEF

Le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve , s’est rend ce matin du mardi 8 septembre au siège de la Conférence des évêques de France, avenue de Breteuil à Paris. Avant d’accompagner ce soir le premier ministre Manuel Valls à la synagogue Nazareth à Paris pour présenter ses vœux à la communauté juive.

L’initiative en revient à Mgr Georges Pontier , archevêque de Marseille et président de la CEF, et au cardinal André Vingt-Trois , archevêque de Paris, selon le ministère :

« Lors de leur première rencontre après la prise de fonction de Bernard Cazeneuve, en avril 2014, ils nous ont dit qu’aucun ministre n’était venu depuis longtemps rencontrer le conseil permanent. Ils se sont interrogés sur une éventuelle réticence des politiques à ce sujet ».

Bernard Cazeneuve a « aussitôt accepté ». Mais la visite, programmée d’abord début janvier, a dû être reportée en raison des attentats.

Cette visite informelle devant une cinquantaine (!) de responsables de la CEF – cardinaux, archevêques et présidents de commissions et conseils –, devait comprendre « un échange à bâtons rompus » sur « tous les sujets intéressant le ministère de l’intérieur et l’Église de France » : laïcité, actes antireligieux,radicalisation…. Mgr Olivier Ribadeau-Dumas , secrétaire général et porte-parole de la CEF, ajoute :

« La question des migrants et des chrétiens d’Orient préoccupe plus les évêques que la sécurité dans les églises ».

La « laïcité, le vivre-ensemble et la place des religions » ont également été inscrits à l’ordre du jour à la demande des évêques.

Après 2 heures de visite et de discussion, Bernard Cazeneuve a déclaré

« Je ne veux pas trahir le contenu de nos conversations, mais nous avons parlé essentiellement de théologie, de philosophie, de politique »

Le ministre s’est dit touché par la profondeur des échanges qu’il a eus avec les évêques de France :

« Nous avons besoin de spiritualité, d’élévation, dans un contexte où la parole publique est souvent abaissée, et dans un contexte de montée des intolérances, des extrémismes, des discours de haine »

cette rencontre a renvoyé « à l’essentiel, à la réflexion personnelle, à la réflexion spirituelle, au lien entre la politique et la religion, à l’appréhension du concept de laïcité dans une république qui, plus que jamais, a besoin de ce concept et de spiritualité ».

« Tout ceci nous a conduits à aborder les choses de manière très philosophique, en écho à l’actualité mais de manière assez déconnectée du tumulte et du vacarme de l’actualité quotidienne » « un ministre de l’intérieur profondément laïc a aussi le droit d’avoir une réflexion spirituelle. »

Mgr Pontier a mis en relief « une occasion rare d’échanger en profondeur avec le sentiment que nul n’essayait d’instrumentaliser l’autre. »

A 16h, le ministre recevait les représentants des cultes pour évoquer le cas des réfugiés.