Mgr Pontier désavoue Mgr Rey

Interrogé par La Croix , Mgr Georges Pontier, sans doute ragaillardi par la visite du franc-maçon Cazeneuve à la CEF , revient sur l’affaire Marion Maréchal le Pen , et s’oppose à l’acte posé par son confrère de Fréjus-Toulon :

Ces dernières semaines ont été agitées par l’invitation faite à Marion Maréchal-Le Pen de participer à l’université d’été de l’Observatoire sociopolitique (OSP) du diocèse de Toulon. Qu’en avez-vous pensé ?

Il y a deux manières de l’envisager. L’OSP de Toulon affirme qu’il n’est pas illégitime de dialoguer avec les responsables d’un parti qui obtient plus de 40 % des voix dans la région. On peut aussi s’interroger sur l’opportunité d’inviter un candidat, et pas les autres, à quelques mois d’échéances électorales. De ce point de vue, cette invitation n’était pas opportune, me semble-t-il. S’agissant du FN, il ne nous appartient pas de dire s’il a évolué : c’est à lui de montrer les signes de son évolution. Or, concernant sa doctrine, ceux-ci ne sont pas évidents.

Estimez-vous qu’une « digue a sauté » entre l’Église et le Front national ?

Il ne s’agit de l’expérience que d’un seul diocèse.Par ailleurs, depuis qu’il y a des élus FN, nous ne pouvons pas les ignorer. Lors de mes visites pastorales, j’invite tous les élus. Je ne peux pas faire d’ostracisme. Ce serait un déni de démocratie.

Certains catholiques reprochent à l’Église d’être plus intransigeante avec le Front National qu’avec d’autres partis favorables à l’euthanasie et à l’avortement…

Qui peut ignorer que nous sommes en désaccord avec le gouvernement sur certaines évolutions législatives en matière de bioéthique ? Si le Front National est opposé à l’avortement et à l’euthanasie, je m’en réjouis mais j’aimerais qu’il soit plus ouvert à l’accueil des étrangers. Les partis s’affrontent sur deux grandes questions : la défense de la vie et la défense de la dignité de tout homme. Toutes les deux relèvent de l’exigence évangélique. [ nota : défendre la dignité des personnes à pouvoir vivre dans leur pays d’origine est certainement plus évangélique que de vider ces pays… Max B. ]

Quel dialogue l’Église de France veut-elle entretenir avec les partis politiques ?

Nous avons pris acte, depuis des décennies, qu’il n’existe aucun parti chrétien à 100 %. Les catholiques peuvent se situer comme ils l’entendent sur l’échiquier politique, pourvu qu’ils vérifient qu’il n’y a pas de contradictions inacceptables avec l’enseignement social de l’Église et avec l’évangile. ​Notre rôle n’est pas de juger les partis mais d’aider les chrétiens à avoir une analyse politique qui dépasse celle de leur propre parti afin d’avoir un jugement libre. »