Aucun responsable de l’Église en France ne s’interroge sur la perversité consubstantielle au système politique

Dans son dernier éditorial pour L’Homme Nouveau , Philippe Maxence revient sur l’affaire Le Pen et écrit :

« Le Front national a été au cœur de l’actualité de la rentrée politique. D’abord par l’éviction de Jean-Marie Le Pen et, ensuite, par la polémique déclenchée par l’accueil de Marion Maréchal-Le Pen , député de ce parti, à l’Université d’été de la Sainte-Baume organisée par le diocèse de Fréjus-Toulon dont l’évêque est Mgr Dominique Rey . Face à cet évènement, le porte-parole de la Conférence épiscopale a fait savoir que le programme du Front national restait contraire à l’Évangile. À vrai dire, rien de bien nouveau dans ce dernier épisode des réactions du noyau dirigeant de l’épiscopat français.

La nouveauté se situe bien dans la normalisation du Front national au sein du système politique français. Courageusement, Mgr Rey a montré que l’Église ne pouvait rester sourde à ce que représente ce parti, quitte à apporter les corrections nécessaires lors du dialogue entamé.

Malheureusement, le problème de fond ne se situe pas là où le porte-parole de la Conférence épiscopale croit le voir encore. Aujourd’hui, aucun parti politique français ne peut être déclaré totalement conforme à la doctrine de l’Église, ne serait-ce qu’au regard de la question de l’avortement et, plus largement, de la famille. Plus profondément encore, aucun responsable de l’Église en France ne s’interroge vraiment sur la perversité consubstantielle au système politique, fondé sur la modernité, laquelle, dans sa version tardive, favorise une conception de l’homme et de la société ainsi que des comportements radicalement contraires à la loi naturelle et à la Révélation. À ce titre, l’accueil par Mgr Rey de Marion Maréchal-Le Pen est peut-être une bonne chose dans le cadre de l’action pastorale de l’évêque, y compris dans sa dimension politique, mais il reste un épiphéno­mène. Ce changement d’attitude à l’égard du Front national ne change pas la nature profonde du problème : la réaction des catholiques face à un système moral, culturel, politique, économique et financier qui bloque résolument la poursuite du bien commun. […] »