Mgr Philippe Bordeyne conteste Humanae Vitae

Rome a publié ce jour la liste complète et définitive des participants à la XIV Assemblée générale ordinaire du Synode des Évêques (4-25 octobre). On y trouve notamment Mgr Philippe Bordeyne , recteur de l’Institut catholique de Paris. Et ce n’est pas une bonne nouvelle. Il avait participé au synode fantôme en mai dernier. Le 27 août, La Croix publiait un extrait d’une intervention dans laquelle Mgr Bordeyne remettait en cause l’encyclique du Bienheureux pape Paul VI Humanae Vitae :

« L’encyclique Humanae vitae enseigne que les méthodes naturelles de maîtrise de la fécondité sont seules licites. Il faut toutefois reconnaître que la distance entre la pratique des fidèles et l’enseignement magistériel s’est creusée. Est-ce pure surdité aux appels de l’Esprit ou le fruit d’un travail de discernement et de responsabilité chez les couples chrétiens soumis à la pression de nouveaux modes de vie ?

Les sciences humaines et l’expérience des couples nous enseignent que les rapports entre désir et plaisir sont complexes, éminemment personnels et donc variables selon les couples, et qu’ils évoluent dans le temps au sein du couple. Devant le devoir moral impérieux de lutter contre les tentations de l’avortement, du divorce et du manque de générosité face à la procréation, il serait raisonnable de renvoyer le discernement sur les méthodes de régulation des naissances à la sagesse des couples, en mettant l’accent sur l’éducation morale et spirituelle permettant de lutter plus efficacement contre les tentations dans un environnement souvent hostile à l’anthropologie chrétienne.

Dans cette perspective, l’Église pourrait admettre une pluralité de chemins pour répondre à l’appel général à maintenir l’ouverture de la sexualité à la transcendance et au don de la vie. Lorsque les couples “ont exercé ou exercent une paternité raisonnable et généreuse” (Congar, 1968) et qu’ils ont discerné devant Dieu leur devoir d’espacer les naissances, une première voie consiste à limiter les rapports conjugaux aux périodes infécondes, telles que les méthodes de régulation naturelle des naissances permettent de les observer. (…)

L’autre voie, dont la licéité morale pourrait être admise et le choix confié à la sagesse des époux, consisterait à user des méthodes contraceptives non abortives. S’ils décident d’introduire cette médecine-là dans l’intimité de leur vie sexuelle, les époux seraient conviés à redoubler d’amour mutuel. Celui-ci est seul à pouvoir humaniser l’usage de la technique, au service d’une “écologie humaine de l’engendrement”. »

Comme le clergé français a refusé d’enseigner cette encyclique aux catholiques, on constate par conséquent que « la pratique des fidèles et l’enseignement magistériel s’est creusée ». Mais plutôt que d’accuser les pasteurs, on accuse la doctrine. Voilà un vrai pharisien : puisque je suis un incapable et que je n’ai pas l’humilité d’aller reconnaître ma misère, je réclame un assouplissement de la règle ! C’est rabaisser l’homme à hauteur de l’animal. Au fond c’est une négation de la grâce divine, une nouvelle gnose : on considère que le peuple ne peut pas vivre de l’enseignement de l’Eglise. Donc il faut changer cet enseignement. Le péché n’existe plus. Il faut dire que l’on n’enseigne peu l’usage du confessionnal en France… Alors la pilule devient un médicament (sic). On « humanise » la technique. Comme cela est bien dit. C’est comme si j’écrivais : il faut rendre le péché bon… L’acte mauvais devient bon.

A part cela, on trouve aussi Mgr Laurent Ulrich , Archevêque de Lille, non-élu par ses pairs comme Mgr Brunin et Mgr James , mais nommé directement par le pape. Pourquoi ?