Père Michel Viot : “Les autruches (suite)”
Le Père Michel Viot n’est pas relapse, mais un récidiviste… Après nous avoir régalé, au dernier jour d’août dernier , de son savoureux « Les autruches du bénitier à la rose », il vient d’en donner une suite, sur son blogue , sous le titre « Les autruches (suite) ». Il nous a, fort aimablement, autorisé à reproduire comme Tribune cette « suite » – qui n’est sans doute pas une fin… – sur Riposte Catholique. Qu’il en soit remercié, et que nous lecteurs en tirent profit…
Plus que jamais ces animaux qui nous dirigent tiennent unis en leurs personnes le bénitier et la rose, et ce pour l’enterrement de première classe qu’ils préparent aux migrants (et pour certains la cérémonie a déjà commencé), ainsi que parmi eux aux chrétiens d’Orient, ceux qui sont sur les routes et qui ne sont pas encore partis.
Depuis plusieurs mois déjà, le pape François avait demandé aux États d’arrêter Daech. Il demande maintenant compassion et aide efficace pour ceux qui, chassés par la guerre, demandent asile à l’Europe ! Les deux choses sont bien évidemment liées pour qui n’est pas autruche ! À moins de vouloir renouveler l’erreur fatale des démocraties entre 1933 et 1939 : accueillir les victimes du nazisme, et ne pas aller le frapper chez lui, comme beaucoup d’allemands antinazis le souhaitaient dès 1934. J’ai eu des témoignages précis de mon père à ce sujet. À cette époque les autruches étaient surtout anglaises, mais cela suffit à empêcher toute riposte. Comme quoi, dans une coalition, il faut surveiller ses alliés autant que ses ennemis. Cela n’évita pas la guerre. Mais il n’y eut pas de réfugiés à accueillir. Les camps de concentration, entre autre, avaient fonctionné !
Je ne prête pas à nos autruches actuelles des calculs autant affreux que sordides ! Mais comme beaucoup de Français, je me pose des questions. Un titre de roman américain me parait approprié pour la guerre que la “coalition” semble mener contre Daech : En un combat douteux . Veut-on vraiment combattre comme il le faut, c’est-à-dire jusqu’à son anéantissement, cette puissance satanique, coupable de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité ? Il est permis d’en douter quand on voit sur une carte de géographie sa progression de 2012 à maintenant ! Quand on compare aussi le potentiel militaire des “coalisés” avec celui du “Califat”, non négligeable, certes, mais tout de même ! Que dire aussi des discours obstinés contre l’actuel chef de l’État syrien ! Ne devrait-il pas suffire qu’il fasse la guerre à Daech, et ce réellement et depuis 2012, pour enfin l’aider ! Quand Hitler attaqua Staline, les alliés n’hésitèrent pas à se tourner vers la Russie communiste pour anéantir ce qui était devenu l’Allemagne nazie. Et Bachar el-Assad n’est pas Staline, d’après ce que nous disent les chrétiens d’Orient, comme d’ailleurs les chiites de Syrie. Et je pourrai continuer à énumérer d’autres “anomalies” de cette “drôle de guerre” ! Mais ce n’est pas mon rôle, et certains trouveront même sans doute que j’ai outrepassé ma fonction de prêtre en disant déjà cela !
Mais il faut bien que quelques uns le disent dans l’Église, surtout quand, comme c’est mon cas, on est en contact avec la population chrétienne qui se rend à la messe tous les dimanches. Disant cela, je peux demander aux paroissiens d’être charitables et accueillant pour les migrants. Ils savent ainsi que je le fais en toute connaissance de cause ! Car je leur rappelle leur devoir de citoyens. Toutes les modalités d’accueil des migrant doivent être soumises à l’État qui est responsable de ce problème. C’est lui qui décide de ce qu’il y a lieu de faire devant les flux migratoires et leur gestion !
Ensuite, la charité chrétienne ne peut aller sans justice. Accepter l’établissement, plus ou moins définitif de ces migrants en Europe revient à donner raison à Daech, pire à l’encourager à faire partir d’autres personnes, avec, qui sait, peut-être quelques unes de leurs créatures. Des États dits de droit ne peuvent entériner une telle forfaiture. La France ne peut bien sûr agir seule, ni dans le domaine de la charité ni dans celui de la guerre. Des frappes françaises en Syrie ne changeront pas grand chose, comme l’ont dit sur nos ondes quelques spécialistes.
J’ai approché de trop près la politique avant de devenir prêtre catholique, pour me ranger dans le camps des “y’a qu’à” ou “faut qu’on” ! Mais il me paraît inévitable de se poser la question des visées politiques réelles de ceux qui se disent nos alliés. De se demander aussi, si au nom de la guerre commerciale qui fait de plus en plus rage, certains n’ont pas intérêt à la désorganisation de l’Europe, ce qui ferait un concurrent de moins ! Car si les autruches, vraies ou fausses, continuent à jouer leur rôle et à imposer leur politique à coups de goupillons ou de roses, en y ajoutant des photos bien choisies, grâce à leurs perroquets stipendiés (la photo du petit garçon noyé est politiquement correcte, parce que laïque : un jeune crucifié ne l’aurait pas été, parce que signe religieux ostentatoire), l’Europe ne va pas tarder à se disloquer. Le risque de guerre civile en France sera accru, quant aux réfugiés, je laisse deviner leur sort, car leur nombre se sera d’ici là augmenté.
Voila, j’ai rejoint peut-être le groupe des oies du Capitole. Mais je préfère leur fraternité à celles des autruches et de leurs alliés “objectifs”, les vautours ! Une toute dernière suggestion, puisque nous sommes dans les symboles. Comme prêtre, j’ai le souci des obsèques des autruches de bénitier, et même de celles “à la rose” si elles sont repentantes. Pour l’encensement de leur corps, je préconise un encens spécial, dégageant une forte odeur de pétrole, qui leur assure ainsi leur véritable identité, ainsi que la nature de leur “dignité” !

Depuis plusieurs mois déjà, le pape François avait demandé aux États d’arrêter Daech. Il demande maintenant compassion et aide efficace pour ceux qui, chassés par la guerre, demandent asile à l’Europe ! Les deux choses sont bien évidemment liées pour qui n’est pas autruche ! À moins de vouloir renouveler l’erreur fatale des démocraties entre 1933 et 1939 : accueillir les victimes du nazisme, et ne pas aller le frapper chez lui, comme beaucoup d’allemands antinazis le souhaitaient dès 1934. J’ai eu des témoignages précis de mon père à ce sujet. À cette époque les autruches étaient surtout anglaises, mais cela suffit à empêcher toute riposte. Comme quoi, dans une coalition, il faut surveiller ses alliés autant que ses ennemis. Cela n’évita pas la guerre. Mais il n’y eut pas de réfugiés à accueillir. Les camps de concentration, entre autre, avaient fonctionné !