La fin de la génération 68 inquiète Mgr Descubes

A l’heure de la retraite, remplacé par Mgr Dominique Lebrun , Mgr Descubes , archevêque de Rouen, déclare à Paris-Normandie :

« J’ai choisi pour devise un verset d’une lettre de Saint-Paul : appelez à la liberté. Pour moi, qu’on soit homme ou femme, jeune ou adulte, senior, ce n’est pas entrer dans une organisation qui vous imposerait des règles auxquelles il faut se soumettre, mais c’est, parce qu’on se sait aimé de Dieu, appeler à être, vivant ou mort, des sujets devant la face de Dieu. Car je pense que ce qu’il attend de nous, est que l’on soit des personnes libres et responsables… »

Qu’est-ce qui vous inquiète aujourd’hui ?

« J’ai terminé mes études supérieures en 1968 et je suis forcément marqué par cette époque… Il me semble que l’une des richesses de notre génération est d’avoir mis l’accent sur la liberté, la responsabilité, l’autonomie de chacun. Mais je vois bien aujourd’hui que, par besoin de repère, de sécurité, la tentation peut être grande de se replier à l’intérieur de l’Église alors que celle-ci a vocation à servir le monde. Je reconnais qu’il est important d’avoir des repères, mais ceux-ci ne doivent pas nous enfermer ».

Qu’est-ce qui vous paraît porteur d’espoir ?

« C’est de voir que les jeunes ne manquent pas d’initiatives. Moi, je suis assez admiratif devant toutes les formes de volontariat, de bénévolat, que l’on soit capable de donner une partie de sa vie au service d’une grande cause ».

Quel doit être l’engagement, le ou les combats de l’Église aujourd’hui ?

« L’Église a à annoncer l’évangile, un message de vie, de liberté, d’amour… Mais on ne peut pas porter ce message s’il n’est pas accompagné d’une vie qui lui soit conforme. Il est donc important que les chrétiens s’engagent pour transformer le monde, afin d’en placer l’homme au centre. Cela signifie que si la finance est nécessaire pour faire tourner l’économie et permettre que le travail soit accessible à tous, elle ne doit pas vivre repliée sur elle-même et ne songer qu’à produire toujours plus d’argent. Son objectif devrait être de donner des moyens aux entreprises pour recruter. C’est vrai aussi sur le plan politique : il n’y aura pas de vie sociale, humaine et pacifique, si une partie de la population se sent exclue ».

A propos de la fin de la génération 68, La Croix dresse un portrait de Monique Baujard qui a terminé son mandat à la tête du service Famille et société de la Conférence des évêques de France. Encore quelqu’un que nous ne regretterons pas.