Immigration, écologie, synode au programme de la CEF

L’Assemblée plénière des évêques de France se déroulera du 3 au 8 novembre 2015 à Lourdes. Elle réunira 118 évêques en activité dont 6 d’Outre-Mer. Seront aussi présents 16 évêques émérites ainsi que 5 évêques étrangers et diverses personnalités invitées.

Seront aussi présents des membres de conférences de religieux et religieuses (Conférence des religieux et religieuses en France, Service des moniales et Conférence nationale des Instituts séculiers de France), les directeurs de Services nationaux de la CEF et des représentants d’autres Eglises chrétiennes.

L’Assemblée plénière s’ouvrira par le discours de Mgr Georges Pontier , président de la CEF, mardi 3 novembre à 8 h 50. Il introduira les thèmes de cette Assemblée.

Sujet d’importance : le Synode sur la famille qui vient de s’achever. Ils en discuteront mercredi 4 novembre au matin. Mgr Olivier Ribadeau-Dumas , secrétaire général et porte-parole de la Conférence des évêques de France, précise que

« Les évêques vont écouter leurs collègues qui ont participé aux travaux et tous vont réfléchir à la manière de faire connaître le texte du rapport final aux communautés chrétiennes ».

Parmi les thèmes qui sont à l’ordre du jour, la question des migrants sera abordée. Mgr Ribadeau-Dumas déclare :

« 95 % des diocèses ont mis en place une organisation spécifique en ce sens mais pour l’instant elle est en panne, faute de migrants à accueillir car notre pays n’est pas attractif pour eux ».

Sic. Il n’y aurait donc pas d’immigrés en France. Et si cela est vrai, est-ce vraiment regrettable ?

Cette question sera traitée jeudi 5 novembre au matin au cours d’une séance ponctuée par deux interventions : celle du cardinal Francesco Montenegro , archevêque d’Agrigente, diocèse auquel appartient l’île de Lampedusa, et Mgr Jean-Paul Jaeger, évêque d’Arras, qui fera le point sur la situation à Calais, important carrefour migratoire.

Je note avec curiosité que la CEF a invité des évêques touchés par l’immigration pour évoquer ce sujet, mais aucun évêque ou représentant d’évêque d’Orient, touché par l’émigration n’a semble-t-il été invité… Ce qu’ils ont à dire serait-il embarrassant ?

La prochaine Cop 21, qui s’ouvrira en décembre, figure aussi parmi les sujets d’actualité. L’ambiance sera-t-elle au réchauffement entre les évêques ?

Les diocèses s’engageront, le 8 décembre, dans l’Année de la miséricorde, voulue par le pape François . Les évêques de Marseille (Mgr Pontier), Amiens (Mgr Leborgne ) et Tarbes et Lourdes (Mgr Brouwet ) viendront exposer comment cette année de la miséricorde sera mise en œuvre dans leurs diocèses respectifs.

Enfin, les évêques reviendront sur la pédophilie dans l’Église (un prêtre du diocèse de Lyon vient d’être sanctionné), les prêtres immigrés (à quand des évêques immigrés en France ?) et la place des femmes dans la gouvernance…

Mgr Pontier présente cette assemblée à La Dépêche :

« Nous aborderons la question des réfugiés et des migrants. Avec nous, seront présents l’évêque de Lampedusa et celui de Calais pour apporter leur expérience. Il y aura aussi une séquence sur la COP 21, la conférence de Paris sur le climat. Ce sera l’occasion de voir comment nous nous servons de l’encyclique du pape sur l’écologie, sortie en juin dernier. Il y aura aussi un échange sur les prêtres venus de l’étranger. En France, ils représentent près de 8 % des prêtres, mais il faut voir quel accueil et quelle préparation leur apporter, puisqu’ils sont issus de cultures différentes.

Concernant la COP 21 et les migrations, qu’est-ce que l’Église peut apporter à ces enjeux ?

Il s’agit du travail des religions de faire évoluer les consciences. Sur l’environnement, il y a des comportements à changer, plus respectueux de la nature. D’autant plus que le réchauffement climatique touche les plus pauvres. Concernant les migrants, notre rôle est de changer les questions, passer de «qu’est-ce qu’il va arriver si on les accueille ?», qui est une attitude de repli sur soi et de peur, à «qu’est-ce qu’il va leur arriver si on ne les accueille pas ?».

Le synode de la famille fait-il aussi partie du programme ?

Bien sûr. Six évêques français, dont je fais partie, ont été présents à Rome pendant ces trois semaines, après un synode extraordinaire, il y a un an. Nous rendrons compte de ce travail.

Le prêtre polonais qui a annoncé son homosexualité à la veille du synode a-t-il eu un impact sur les discussions ? Tout comme le mariage pour tous en France.

Non, s’agissant de ce prêtre, ça n’a eu aucun écho. Par contre, les Français ont une vie de famille plus diverse qu’avant. Cela mérite une attention particulière. Notre objectif est d’aider les familles à trouver le bonheur. C’est une attitude de discernement, d’accompagnement. Une approche différente.

C’est une autocritique par rapport à la position de l’Église française lors du mariage pour tous ?

Plutôt une évolution. Quand il y a une loi, les positions se durcissent et deviennent plus combattantes. Le synode a cherché à partir des personnes, plutôt que des principes. La fidélité ou le vivre ensemble sont importants. Mais si on ne parle pas aux familles, on ne sera pas écouté.

La pédophilie fera aussi l’objet d’un atelier. Pourquoi ?

Il s’agit de finir un travail commencé en 2000. Cela concerne la formation des jeunes prêtres. Par exemple, 50 % des évêques sont nouveaux. Ce travail sur la pédophilie a conduit à des évolutions très nettes. Il y a désormais une tolérance zéro, le respect de la loi civile et un «tribunal» au sein de l’Église pouvant exclure des prêtres pédophiles. »

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