Les chantiers de Sr Denès à la CEF
Sœur Marie-Laure Dénès , 50 ans, dirige depuis Poitiers le service Famille et société depuis septembre, à la Conférence des évêques de France. Aujourd’hui, sa mission est d’accompagner la réception du Synode sur la famille, avec une rencontre nationale des responsables de pastorale familiale, en mars 2016, sur « Familles et précarité ». Il s’agit aussi d’accompagner le travail sur les questions économiques et sociales, au moment de la réforme du droit du travail. Et enfin, et ce n’est pas la moindre affaire, accompagner la vie politique, avant la présidentielle de 2017.
Ancienne chargée de mission du département « politique, économie, Europe » au sein du service Famille et société, cette religieuse de la Congrégation romaine de Saint-Dominique succède à Monique Baujard .
Après des études à Sciences-Po Paris et un DESS en gestion de l’emploi et développement social d’entreprise, elle a soutenu un DEA de théologie à Strasbourg sur « Vérité et politique ». Elle a travaillé à mi-temps à Bruxelles pour l’association des dominicains Espaces, qui aborde le projet européen sous l’angle éthique, culturel et spirituel, ce qui lui valut d’assurer le secrétariat général des commissions Justice et Paix européennes.
Elle a aussi œuvré dans l’ONG Dominicains pour Justice et Paix auprès de l’ONU, passant « tous les étés à Genève pour suivre les affaires à la sous-commission des droits de l’homme » .
En 2010, soeur Marie-Laure Dénès, alors secrétaire nationale du service Justice et paix de la Conférence des évêques de France, avait été envoyée au colloque de l’IDAHO (Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie) organisé à l’Assemblée nationale pour représenter la religion catholique… Elle avait déclaré que
« La coopération entre militants gays et lesbiens chrétiens avec leurs autorités a également permis la rédaction d’une prière universelle spécifique pour les offices du week-end précédent la journée contre l’homophobie, la « Prière d’un frère homo » : « Pour ces croyants au cœur repu/Qui bannissent de leurs prières/L’homo et la femme adultère/Seigneur, nous te prions » ou plus loin « Pour notre humanité blessée/Pour l’homosexuel humilié, pour le respect, la dignité/Seigneur Dieu, Esprit créateur, nous te prions. »
Dans un témoignage, elle déclarait :
« Mais il n’y a pas que les situations du monde qui interrogent ma foi et mon engagement. Il y a aussi la situation de mon Eglise. Chaque fois qu’elle est excluante, chaque fois qu’elle juge, chaque fois que l’intérêt de la « boutique » prévaut sur la vérité et la miséricorde, chaque fois qu’elle diabolise, chaque fois qu’elle oublie l’option préférentielle pour les pauvres, chaque fois qu’elle se compromet, je suis aussi questionnée, à titre personnel, comme membre de ce corps, comme témoin de la foi. »
Dans le livre « Notre Bien commun », elle porte quelques appréciations sur l’Eglise ; elle considère par exemple que les siècles de chrétienté ont été une dérive (qu’elle assimile sans doute à la théocratie) similaire au messianisme révolutionnaire qui consiste à vouloir établir le Royaume de Dieu sur terre (p. 30)…
