Les évêques d’Europe s’en prennent à l’Europe de l’Est

Dans le dernier numéro de la newsletter de la Commission des Episcopats de la Communauté européenne (COMECE), on découvre 2 articles à charge contre la Hongrie et la Pologne, deux pays catholiques qui défendent actuellement, contre les diktats de la Commission de Bruxelles, leur indépendance et leur souveraineté, la famille, leurs racines chrétiennes. Ces évêques de la COMECE, qui ne signent pas les articles mais laissent le soin à deux laïcs de déblatérer leur diatribe, scient la branche sur laquelle ils sont.

Viktor Orban serait ainsi devenu le leader de la Nouvelle droite en Europe, animateur d’un certain « post-fascisme chrétien ». Hans Schelkshorn, Professeur de philosophie à la faculté de théologie catholique de l’Université de Vienne, constate toutefois :

Il semblerait que les Églises chrétiennes de Hongrie aient soutenu dès le début la politique de Viktor Orban, lui-même membre de l’Église réformée. Des évêques catholiques hongrois appellent publiquement à prier pour Orban pendant la messe. Des courants de l’Église réformée sympathisent même avec le parti d’extrême droite Jobbik. Seule l’Église luthérienne se tient à une certaine distance du pouvoir.

Devant cette apparente contradiction, il en appelle… au pape :

En cohérence avec le caractère chrétien tel que défini par la tête de l’Eglise catholique, les idéaux humanitaires de l’Europe et l’«Occident chrétien» ne sauraient être défendus par un retour de la politique à des principes ethniques. Ils le seront plutôt par une politique publique généreuse en matière d’asile et par l’engagement de bénévoles qui accueillent chaleureusement les réfugiés dans les gares, les lieux de rassemblement et les localités frontières, en leur fournissant les biens de première nécessité et en leur offrant le gîte et le couvert.

De son côté, Henryk Woźniakowski, Président des éditions Znak, membre du Groupe IXE- initiative de chrétiens pour l’Europe, s’en prend au nouveau gouvernement polonais, qui affaiblirait la démocratie, cette idole moderne que même les chrétiens doivent adorer. Et lui aussi constate que les évêques locaux ne s’inquiètent pas de la tournure prise par le gouvernement :

Jusqu’à présent, les évêques catholiques ont choisi de ne pas s’exprimer publiquement sur cette question.

Ces deux articles révèlent au fond une chose : la COMECE est déconnectée de la réalité locale des peuples. Elle ferait mieux de ne pas s’occuper des Eglises locales, conformément au droit de l’Eglise, et de s’intéresser plutôt à ce que qui se trame dans les institutions européennes, où les racines chrétiennes sont niées et la culture de vie bafouée.