Édito de RC – Quand les évêques de France seront catholiques, Satan tremblera

On a beau dire, le temps de réaction de l’épiscopat français à l’agression subie, par effigie interposée, à Saint Jean-de-Luz, par l’un des leurs, laisse perplexe. Bon, d’accord, la prudence épiscopale doit être de mise. Peut-être même est-ce Mgr Aillet qui leur a demandé de ne pas réagir pour ne pas donner à l’événement plus d’importance qu’il n’en faut. Allez prêtons à nos prélats timorés le bénéfice du doute.
Mais enfin, une fois de plus, ils ont laissé sans pasteur des fidèles choqués qui attendaient une parole, à défaut d’être forte, du moins réconfortante. Car si c’est l’évêque de Bayonne qui fut personnellement visé, c’est bien le corps tout entier qui est affecté . Derrière cette mascarade, c’est tout le peuple du Christ qui est sinon visé (les auteurs de ces barbarismes n’ont pas plus de suite dans les idées que cela), du moins affecté. Or que fait un peuple attaqué sans ses chefs pour lui parler ? Il s’enfuie ou se rebiffe . C’est bien ce à quoi nous avons assisté ces derniers jours, entre ceux qui ont courbé l’échine en longeant les murs (ou qui simplement s’en moquent) et ceux qui ont fait haro sur le fier conseiller national du parti au pouvoir. Si le ras-le-bol s’amplifie en France autour de questions économiques et migratoires, il ne s’enfle pas moins chez les catholiques qui commencent à trouver qu’on prend un peu trop les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages . Et il serait bon que les pasteurs des diocèses de France assument leur rôle avant que la situation ne leur échappe totalement. Si tant est qu’ils la maîtrisent. Si tant est qu’ils le souhaitent.
Car le problème n’est pas d’abord la couardise de Nos Seigneurs, mais leur manque de foi . Qu’on le dise et qu’ils l’assument, pour ceux d’entre eux (pas tous Deo gratias ) qui ont du mal avec le magistère. Quelles qu’en soient les racines, les raisons, les motivations et les sinueux chemins de leur histoire personnelle qui les ont conduit à professer un Credo parfois bien éloigné de celui de l’Église, (qu’on pense à un Mgr Rouet, Simon ou encore Dagens) l’absence de foi commune entre les évêques empêche toute unité du troupeau et par là de l’action. Quand on voit que seuls 7 évêques s’expriment sur l’avortement et qu’un simple tweet de Mgr Ribadeau Dumas soutient Mgr Aillet, on se pose des questions sur le devenir de la tunique sans couture.
Quand on ne professe pas une foi sure dans le Christ et son Église on ne peut se battre pour elle. Le problème des catholiques de France c’est bien, pour partie, la hiérarchie. Du reste Jean-Paul II le disait lui-même. Une Église encore traumatisée par un concordat dont elle n’est toujours pas sortie, habituée à se complaire dans un autoritarisme d’un autre âge et fermement empêtrée dans une idéologie qui confine à l’hérésie permanente (bon forcer le trait fait parti de l’exercice rhétorique, quoique ) ne peut porter l’étendard du Christ et cela doit bien amuser Satan. (Et là nul besoin de forcer le trait)

Alors, il est de notre devoir de Chrétiens, coresponsables du salut de nos frères, de soutenir les évêques fidèles au Christ et de reprendre, comme l’apôtre nous y invite, ceux qui s’égarent et égarent le peuple avec eux. Comme disait saint Cyprien de Carthage aux pasteurs concernés, « pauvre fou tu t’es mis toi-même à marcher en portant ton propre cadavre »

Quand on pense que le grappin disait au saint curé d’Ars, « trois comme toi et je suis perdu », oui nous pouvons penser que lorsque les évêques de France (fille aînée) seront catholiques, Satan tremblera.