Edito de RC – Spiderman ou la crise du catéchisme
Monseigneur vous ne pourrez pas gagner contre Spiderman !
A la tête du diocèse, vous avez la charge de la formation de la foi des enfants, malheureusement le catéchisme des enfants de ses 40 dernières années s’est souvent résumé à une longue litanie de malentendus :
- Les Berlinois étaient déjà en train que détruire le mur de la honte, vous en étiez encore à expliquer aux enfants du caté que Jésus était venu pour châtier le patron et sauver l’ouvrier, et que l’Evangile était une sorte de grande lutte des classes,
- Les enfants découvraient Jean-Paul II, vous tentiez de leur vendre « Pierres Vivantes » où l’Histoire Sainte n’était finalement plus de l’Histoire et même plus Sainte du tout, où commentaires et texte sacré étaient mélangés comme pour un mauvais plat de lentille,
- Les enfants passent leurs loisirs devant la télévision et voilà que vous voulez faire de la vie de notre Sauveur une collection merveilleuse de tours de magie à la façon de Simon le Magicien.
Mais quelques soient les prouesses de ce Jésus, il ne pourra rien face à Spiderman.
En effet, le Jésus communiste, historique, de la belle histoire, le barbu un peu bohème, le magicien sympathique, celui qu’on enseigne au « caté », celui-là n’a aucune chance contre Spiderman. Spiderman, les enfants l’ont vu, sur le grand et le petit écran, sauter d’immeubles en immeubles, soulever des voitures, et arrêter les méchants. Votre Jésus, raconté par Monique la dame caté qui ne va plus à la messe depuis belle lurette, il n’a aucun chance face à ce que les enfants ont vu.
Vous demandez aux enfants de croire, ils vous répondent qu’ils ont vu.
Si la religion juive est la religion d’un Livre, si l’Islam est la religion des préceptes techniques, notre Foi est une rencontre, alors je vous en supplie, donnez aux enfants ce Jésus qui les aime, qui les attend comme le père du fils prodigue, et à ces enfants, à la sensibilité exacerbée par des centaines d’heures passées devant les écrans, donnez ce que jamais Spiderman ne pourra leur apporter, un amour inconditionnel, une présence aimante, un soutien dans les moments difficiles, un cœur dans lequel se fondre, celui de Jésus notre Père, notre frère.
Les enfants qui sont arrivés jusqu’à la salle de catéchisme malgré toutes les sollicitations du monde ne sont pas venus pour de la bouillie, ils ont des dents et une âme assoiffée, il est de votre devoir de leur donner la vraie nourriture et la vraie boisson.
Paul Sornins
