Mgr Barbarin : la démission, pas d’actualité

Pour la première fois depuis son lynchage médiatique, le cardinal Barbarin répond à un entretien. Sereinement au Parisien , il déclare :

Que répondez-vous aux victimes du père Preynat ?

En 2007, ce sont des bruits qui courent et ce sont des faits très anciens. Je n’ai vu personne à ce moment-là. Quand, en 1991, le prêtre a été déplacé dans une autre paroisse, je ne suis pas archevêque, je ne suis pas en responsabilités. Et à l’époque, il y a vingt-cinq ans, il ne faut pas oublier qu’on est aussi dans une autre mentalité par rapport à la pédophilie.

Avez-vous pensé en 2007 à prévenir les autorités judiciaires ?

Je n’y ai même pas pensé. Encore une fois, j’entends dire des choses sur le passé du prêtre mais c’est tout.

Comment faire pour améliorer le système d’alerte ?

Il faut peut-être envisager par la suite qu’on ait des conseillers externes dans ce type d’affaires. Mais ce qui est certain, c’est que je suis profondément touché. Je pense aux victimes tous les jours, je crois que la blessure était très très profonde, c’est bien que la parole se soit libérée à travers leur association.

Souffrez-vous des attaques qui vous visent directement ?

Je suis plus sensible à leurs souffrances qu’à la mienne. Si je peux aider… Je porte les souffrances terribles provoquées par ce prêtre.

Envisagez-vous de démissionner, ou de vous mettre en retrait le temps que la justice se prononce ?

La démission, pour moi, n’est pas une question d’actualité. Si je suis fautif, si je suis « occasion à scandales », alors là on verra. La justice va faire son travail.

Avez-vous modifié votre agenda ?

Je n’ai rien changé. Mon emploi du temps est en béton. Je suis totalement dans ma mission. Là, je viens d’aller prier la Sainte Vierge !