L’Edito de RC – La quête impérée et l’impôt révolutionnaire,
Ah Le carême ! Ses cendres, ses bols de riz, ses bonnes résolutions, ses petits renoncements, ses quêtes impérées.
Une de ces quêtes qui n’est pas oubliée est celle du CCFD (Comité Catholique Contre la Faim et pour le Développement). En plein carême ? Pensez-vous c’est là où le client est le plus sensible, le plus souple, le moment où les cordons de sa bourse sont ramollis et plus facilement dénoués par ses mains attendries grâce à tant de sermons enflammés.
C’est ainsi que chaque année, avec la caution de nos évêques, est prélevé l’impôt révolutionnaire. Dans le temps il aidait des paysans d’Amérique du Sud à recouvrer l’usage de leurs terres face aux spoliations du grand capital ou d’une dictature forcément d’extrême droite. Puis est venu le financement des campagnes expliquant les joies de la maternité heureuse puisque limitée, définitivement si possible. Ensuite l’écologie politique a touché le pactole, et des pauvres bien en peine de trouver de quoi nourrir leurs familles se faisaient expliquer les joies du tri sélectif pour sauver la planète, enfin est venu le temps béni de la promotion de l’avortement, ou comment faire passer par la charité une idéologie malthusienne et un eugénisme qui se refuse à dire son nom. Les concepts récurrents y sont gender, droits génésiques et santé reproductive.
On vous répondra qu’il n’en est rien, que les associations financées par vos bols de riz ont toutes sortes d’activités et que seules celles pleinement en accord avec la doctrine de l’Eglise sont soutenues par le comité, et que d’ailleurs personne n’y trouve à redire surtout chez nos évêques. On vous dira qu’il y a des tas de braves gens sincèrement convaincus qu’il ne faut pas choquer et que si vous ne donnez pas, une quotepart de vos versements faits à d’autres associations sera récupérée par le comité.
Et puisque le carême est comme on le sait si bien « ce moment où l’on fait comme d’habitude mais en ayant mauvaise conscience », ayons mauvaise conscience à payer l’écot de la lutte armée, de la lutte de classes, de la lutte des sexes, et ne retenons pas notre bras pour aider les victimes d’une autre guerre, celle qui voudrait chasser d’Orient les chrétiens des origines.
Paul Sornins
