Rouen : une église désacralisée pour Nuit Debout

A Rouen, l’église Saint Nicaise, située près des Jardins de l’Hôtel de ville, date du 15ème siècle. Brûlée en mars 1934, elle a été partiellement reconstruite et bénie en 1940. Depuis plus de 15 ans, aucune messe, aucun sacrement n’y a été célébré. L’archevêché a donc décidé en 2015 de désacraliser ce lieu pour en rendre la totale responsabilité à la ville. La municipalité de Rouen cherchait une nouvelle vocation pour cette église, tout en estimant que les projets devront respecter les lieux, le quartier, le monument. On constate par ailleurs que l’ancien Archevêque, Mgr Descubes n’avait visiblement pas pris le soin de retirer tous les objets liturgiques au moment de sa désacralisation…

Les gauchistes de Nuit Debout lui ont trouvé une utilité : ils l’occupent depuis quelques jours. Ils sont même en train d’y former une nouvelle ZAD en ville :

Appel de la Maison du Peuple Occupée au Monde Entier ! Occuper devient vital !

C’est le premier mai dernier à Rennes que l’occupation de la Maison du Peuple à c ommencé. Ce jour là, le cortège a envahi le Gaumont pour une assemblée. C’est là que la décision fût prise de rejoindre l’intersyndicale qui devait se tenir à la salle de la Cité (Maison du Peuple). Pendant que le cortège s’y rendait avec une partie des syndicalistes (Sud Solidaires, SLB, CNT), le préfet paniqué demanda à l’intersyndicale de s’enfuir et d’annuler son assemblée. C’est de manière surprenante que nous avons pu atteindre le bâtiment, face à une police désorganisée. La menace de forcer les portes suffit à nous y faire entrer. Les syndicats ont été appelé à revenir. Victoire, l’occupation était lancée. Mardi, la maison du peuple fût assiégée pendant près de 6 heures, barricades, présence sur les toits et dans la rue, banderoles de soutien déployées par les voisins, divers syndicats appelant à soutenir. Nous étions déterminés à nous défendre et à rester. En parralèle le conseil municipal fût chahuté pour rappeler à la Maire de Rennes sa responsabilité dans les violences policières des derniers mois. Depuis nous avons obtenu un bail de sept jours, pile le temps de s’organiser pour la suite, de faire consister quelque chose dans ces lieux. Si nous convenons que l’occupation de la Maison du Peuple à Rennes a été rendue possible par un concours de circonstance pratique, nous devons cette victoire surtout pour une grande part à la conflictualité assumée largement dans les rues depuis deux mois, contre les volontés politiques d’étouffer le mouvement sous une pression policière, contre la volonté du préfet de nous interdire le centre ville. Il était clair qu’il nous fallait un lieu pour le mouvement, un endroit duquel partir pour que toutes les forces politiques, que tout ceux qui prennent part à la lutte puissent se trouver en dehors des secteurs et des catégories : étudiants, lycéens, chômeurs, travailleurs, enfant des foyers, mère, fils, etc… Dans cet endroit nous constituons une force, multiple, capable de prolonger la lutte engagée depuis deux mois et de maintenir le rapport de force. Cela se matérialise dans l’organisation de blocage économique, d’action, de manifestations, de perturbations, de grèves… Nous avons trouvé en cette occupation la possibilité de se rencontrer en dehors des rendez-vous des manifestations et des AG. Une vie commence a s’y installer. 50 à 100 personnes y dorment chaque soir, des textes y sont rédigés, une radio pirate a été mise en place, le ravitaillement quotidien s’organise, une cuisine collective se monte, les Ags du mouvement et des débats s’y tiennent. Ensemble nous apprenons à faire nous même, à nous organiser en dehors des rapports économiques existants. Le mouvement a besoin de tels lieux, il a besoin de ce type de victoire : celle d’arracher des espaces comme il a fallu arracher la rue à chaque manifestation.

Pour que ce qui se passe à Rennes ne reste pas circonscrit à une exeption locale, pour que le mouvement s’épaississe, pour que les différentes forces puissent se rejoindre, nous invitons à répéter notre geste, à ce que naissent des occupations partout où les conditions sont réunies. Nous appelons à ce que les forces qui ont pris la rue, les facs, les lycées, les lieux de travails, les places lancent des occupations communes là où ils se trouvent.

A Rennes cela fait deux mois que l’on nous confisque le centre ville, nous n’avons rien lâché, et nous avons reussi à nous y installer, nous faisons désormais partis de son paysage et on ne peut plus nous rater.

Nous avons vitalement besoin d’espaces. Vive la Commune, Vive la grêve, Vive l’Occupation !