Le diocèse de Paris ignore l’église Sainte Rita

Depuis longtemps, la situation de Sainte-Rita du XVème arrondissement parisien, église néo-gothique en plein Paris, est de plus en plus précaire et le risque de destruction se précise. Le promoteur breton, qui a donné 10 % d’arrhes au propriétaire pour détruire l’église et construire des logements sociaux, a refusé d’examiner toute solution alternative, pour conserver à l’église sa destination cultuelle. Il y a un projet architectural alternatif, respectant l’église telle qu’elle est ; il y a aussi des propositions de rachat venant de groupes catholiques ou orthodoxes. Les chrétiens qui veulent que cette église demeure ont l’impression de se heurter à un mur. Le promoteur vient de gagner une action en référé qu’il avait engagé contre l’Etat. Il se voit ainsi reconnaître en principe le droit de faire agir la force publique pour expulser de ce bâtiment « tout occupant ». On traite ainsi une église comme un bien privé ordinaire et des gens qui prient en ces lieux comme des occupants sans titre, au mépris de la destination cultuelle de cet espace sacré, dont il n’est même pas question dans le rendu du jugement.

Cette église, construite pour l’Exposition universelle de 1900 et qui est l’une des premières églises à concilier le béton avec le style gothique, offre aux regards une magnifique rosace et aux oreilles une acoustique cristalline. Sa valeur dépasse largement un projet immobilier pour des logements sociaux. Sa survie aujourd’hui est compatible avec un grand projet immobilier qui respecterait ce pour quoi elle a été construite.

Cette église était auparavant desservie par une communauté gallicane. Depuis quelques temps, grâce à la mobilisation de fidèles catholiques, elle est desservie par un prêtre de l’Institut du Bon Pasteur. La messe catholique y est donc célébrée. Mgr de Moulins-Beaufort a été approché pour connaître la volonté de l’archidiocèse de Paris concernant la sauvegarde de cette église. Mais aucune réaction n’a eu lieu, à croire que c’est la dernière préoccupation de l’évêché.

Pourtant, avec sa triple tradition spirituelle, pour les gens du quartier, riches ou pauvres, fidèles de première ligne ou chrétiens du dernier rang, cette église représente aujourd’hui trois choses :

La messe y est célébrée chaque dimanche à 16h. Mais pour combien de temps encore ?

Addendum : on me signale que le diocèse de Paris ne voit aucun inconvénient à ce que l’abbé de Tanouärn célèbre la messe régulièrement dans cette église revenue au culte catholique. Dont acte !