Mgr Rey répond à Bruno Le Maire
Le candidat à la candidature Bruno Le Maire a déclaré au journal La Vie :
« Quand on me dit qu’à Science Po, on fait un Hijab Day, je suis totalement opposé à cela. Mais de la même façon, quand dans les manifestations contre le Mariage pour Tous, je vois revenir un catholicisme politique et que l’on me dit que l’Église peut prendre des positions politiques, moi le catholique, dont toute la famille est catholique, je dis non. Je sais bien que cela crée de l’incompréhension, mais je tiens à cette ligne-là. Si cela aboutit à me faire traiter de laïcard, tant pis. J’ai dit à quel point la politique devait retrouver son souffle, sa capacité à dépasser ce que nous sommes comme individu pour rejoindre une ambition nationale. Mais dès que la religion tombe dans la politique, quelle que soit la religion, cela me pose une vraie difficulté. »
L’évêque de Fréjus-Toulon lui répond :
Un candidat à l’élection présidentielle a dit que l’Église catholique n’a pas le droit de prendre des positions politiques. Pourtant, le concile Vatican II rappelle que la politique est ordonnée à la recherche du bien commun et que l’Eglise doit porter un jugement moral sur la politique car on ne peut pas séparer le « légal » du « moral ». Le pape François a dénoncé le laïcisme français qui considère les religions comme des sous-cultures. Aujourd’hui encore, la violence de cet ostracisme laïciste se manifeste lorsqu’on brûle l’effigie d’un évêque, ou lorsqu’un président du Conseil constitutionnel récite une prière blasphématoire. Le philosophe Pierre Manent affirme qu’« Au lieu de regarder la séparation (entre l’Église et l’État) comme le secret (…) du développement européen, nous devons plutôt chercher ce qui a été tout au long de notre histoire le principe de réunion et d’association de l’homme européen. »
