Analyse – Insémination post-mortem – 53% des professionnels de santé hostiles

Le 31 mai dernier, le Conseil d’Etat autorisait Mariana Gonzalez-Gomez (de nationalité espagnole) à utiliser les paillettes de sperme, conservées en France, de son défunt mari, afin de réaliser une insémination post-mortem, en Espagne. Une décision inédite, prise à rebours de la jurisprudence jusqu’alors établie par le Conseil d’Etat français (cf. Insémination artificielle post-mortem : le Conseil d’Etat français accède à la demande d’une veuve espagole , Insémination post-mortem : « le juge devient roi » et Insémination post-mortem : la dérive de la décision du Conseil d’état ).

Un sondage réalisé sur le site du Journal International de Médecine révèle que 53 % des professionnels de santé (sur 488 participants) sont défavorables à l’autorisation de l’insémination artificielle post-mortem, « même en cas d’accord du père » [1] . Ils estiment que « l’accord du père ne fait pas la différence ». Cette opposition persistante pourrait également s’étendre aux « transferts d’embryons post-mortem, face auxquels les experts médicaux sont plus partagés ».

Ce dernier jugement et les résultats du sondage montrent que le sujet relève d’une « complexité juridique » fragilisée par les différentes législatives européennes. Les raisons du refus de l’insémination artificielle post-mortem sont multiples (cf. Insémination post-mortem : peut-on revendiquer un « droit d’être parent biologique » ? ) :

De plus, Adeline Le Gouvello, avocate, estime que, sur le fondement de l’article 7 de la CEDH qui garantit à l’enfant le droit de connaître ses parents, « les personnes nées après une insémination artificielle post-mortem pourraient se retourner contre les Etats ayant autorisé de telles pratiques les ayant privé de père ».

[1] 42 % des personnes interrogées se disent favorable à une telle évolution.

Sources:

JIM (Aurélie Haroche) 19/07/16

Source Généthique