Attitude des pouvoirs publics à l’égard des chrétiens: la pique de François Fillon
Dans son discours prononcé le dimanche 28 août 2016 à Sablé-sur-Sarthe (72), François Fillon, candidat aux primaires de la droite et du centre, s’est exprimé à plusieurs reprises sur les questions religieuses. Ainsi, concernant l’histoire de France, il s’est placé d’emblée dans une perspective plus large, qui peut ainsi faire place au rôle de la foi: « Non, la France n’est pas née en 1789 et elle n’est pas passée de l’ombre à la lumière en 1981 ! »
Il a même fait un lien entre cette continuité de la prière – Sablé-sur-Sarthe n’est pas loin de l’abbaye de Solesmes – et la profondeur du passé, comme si un ancrage dans la foi allait de pair avec un ancrage dans l’histoire…
Le 15 août j’ai célébré l’Assomption à l’abbaye de Solesmes voisine.
Depuis plus de mille ans, des moines y observent la règle de Saint Benoît.
Mille ans d’Histoire !
Comment ne pas ressentir la force, la puissance, la profondeur de ce passé qui nous a forgés et qui nous donne les clés de notre avenir.
Il a également mis en cause les dernières démarches des pouvoirs publics qui contrastent avec une certaine hostilité aux chrétiens. Il a ainsi fait référence à la présence de Bernard Cazeneuve à la messe du 31 juillet 2016 lors des obsèques du Père Jacques Hamel. Mais il vise aussi la récente visite de François Hollande au pape François . Riposte catholique avait parlé de geste d’ « attrape-électeurs » , ce que corrobore François Fillon. Il a parlé de catholiques « provoqués, maltraités et même parfois réprimés » , allusion probable aux répressions dans le cadre des « Manif pour tous ». Les souvenirs sont encore frais chez tous ceux qui ont combattu la loi Taubira…
Ce n’est pas en se précipitant à la messe du 15 août après avoir convoqué les photographes ou en courant au Vatican pour tenter de regagner quelques voix chez les catholiques après les avoir provoqués, maltraités et même parfois réprimés que l’on se montre à la hauteur de ce rendez vous de l’Histoire.
La politique ne peut pas se résumer à la ruse, elle doit exprimer des convictions et être empreinte de sincérité.
On ne peut pas faire référence en permanence aux racines chrétiennes de la France pour justifier des comportements et des actes qui sont des insultes à l’esprit de ses racines.
Si tous ceux qui brandissent désormais le drapeau du Christ pour justifier leur combat politique fréquentaient les églises, alors elles seraient pleines !
Se plaçant cependant dans une perspective de politique générale, et allant au-delà des problématiques identitaires, la question de la loi Taubira n’a cependant pas été abordée. Le candidat s’est cependant déjà exprimé sur ce sujet .
On notera que sur l’islam, le discours de François Fillon a été violemment mises en cause par le responsable du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), comme on peut le voir dans ce tweet assez éloquent:

Source: Fillon 2017 .
