FFI : une destruction “miséricordieuse”
La saga des Frères Franciscains de l’Immaculée (FFI) semble ne plus devoir finir, ou en tout cas, comme les “raisons” d’une telle affaire demeurent obstinément obscures par la volonté même de l’autorité, le bon sens laisse penser à une fin funeste. Entendons-nous bien : “funeste” ici s’entend par rapport au projet de fondation approuvé légitimement par l’autorité suprême de l’Église militante en accord avec tous les textes encore en vigueur. En Italie, cette affaire est devenue emblématique d’une volonté de destruction en total désaccord avec des discours “miséricordieux” dont la teneur – par ailleurs non dépourvue d’intérêt – se heurte à la réalité des faits… et à la méchanceté des hommes. Les vaticanistes qui l’utilisent pour mettre en évidence les contradictions du pontificat actuel ne se comptent plus.
Destruction sans raison
Les derniers événements en date ne peuvent que confirmer une telle analyse. En premier lieu la situation globale des Franciscains de l’Immaculée a de quoi effrayer : quinze couvents et trois missions ont été fermés, tous les noviciats enregistrent une baisse d’affluence notable – celui basé en Italie est même vide de novices. Les autorités actuelles ne communiquent en rien sur les effectifs alors que l’on pouvait compter environ 350 frères au moment du commissariat. La question est immédiate : pourquoi se priver de telles vocations si elles sont authentiques ? Bien plus si elles étaient un vrai témoignage de vie pauvre et pénitente ? La question des missions est par ailleurs lancinante si l’on considère la supposée priorité donnée aux “périphéries”… Ajoutons en passant que la position actuelle du Saint-Siège par rapport à la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X vide de sens l’accusation de « crytpo-lefebvrisme » brandie au tout début de l’affaire.
L’unité… vraiment ?
Les commissaires successifs n’ont eu de cesse de clamer leur désir de faire l’unité. Or les dernières professions religieuses ont été prononcées avec un texte modifié de telle sorte de supprimer le vœu marial et de mitiger la pauvreté radicale que l’institut vivait jusqu’alors. Le vœu marial ayant fait en son temps l’objet d’un examen attentif, sa suppression est difficilement compréhensible, d’autant plus qu’aucune irrégularité n’a été relevée quant à son application. En tout cas aucun décret officiel ne relève des problèmes de cet ordre. Par rapport au désir d’unité, le problème réside dans le fait qu’une telle modification a été imposée par le commissaire – don Sabino Ardito, sdb – sans consulter largement alors qu’une telle matière touche profondément la vie de tous les membres de l’institut. La conséquence est immédiate : chez les Franciscains de l’Immaculée cohabitent des membres dont la forme de vie – manifestée par la profession religieuse – est différente ! Entre ceux qui ont accepté de prononcer cette nouvelle profession et ceux qui ont déjà définitivement adopté la vie des FFI avec le vœu marial et la pauvreté radicale il y a désormais séparation. Il faut donc bien admettre que cet objectif d’unité n’était que de la poudre aux yeux et, à ce train, les choses ne peuvent aller qu’en empirant.
Des départs significatifs
Par ailleurs les départs – et les envies de départ – se multiplient devant ce qui ressemble à un naufrage piloté par l’autorité. Ainsi deux prêtres américains, les Pères Angelo Geiger et Peter-Damian Fehlner, ont récemment rejoint les Franciscains Conventuels dont ils étaient issus. Quel intérêt me direz-vous ? Ces deux ex FFI faisaient partie des cinq signataires du recours au Saint-Siège qui a servi de prétexte à la Congrégation des Religieux pour son intervention injustifiée et violente. En résumé après avoir activement participé à la destruction, ils choisissent courageusement de quitter le navire. Il n’est pas interdit à un catholique d’apprécier ce genre de geste à sa juste mesure.
