Séminaire français de Rome : un nouveau recteur dans la “ligne” ?

Le séminaire pontifical français de Rome, via Santa Chiara, près de l’église de la Minerve, est une institution très importante dans le cadre de la formation du jeune clergé français diocésain. Ses élèves, envoyés par les diocèses de France, font leurs études de théologie, en préparation au sacerdoce, pour la plupart à l’Université grégorienne. Le séminaire, fondé en 1853, est resté sous la direction des Spiritains jusqu’en 2009. Aujourd’hui, la Conférence des évêques de France (CEF) en a la pleine responsabilité. C’est notamment le Conseil permanent de la CEF qui propose à la Congrégation du clergé ceux qui sont nommés au poste de grande confiance de recteur.

Le dernier recteur était Mgr Antoine Hérouard (depuis 2014, en remplacement de Mgr Sylvain Bataille, devenu depuis évêque de Saint-Étienne), lequel vient d’être nommé évêque auxiliaire de Lille, vraisemblablement avant de plus hautes fonctions. Personnalité que l’on qualifie de néoconservatrice, Antoine Hérouard s’est notamment attaché à conserver son séminaire dans la ligne classique mais surtout pas traditionaliste, qui est la marque propre de Santa Chiara (détail significatif : la soutane peut être portée dans les chambres, mais est interdite au réfectoire… et à la chapelle).

Qui va prendre sa suite ? On parle avec insistance de l’énigmatique P. Jean-Marc Micas, sulpicien, du diocèse de Toulouse, né en 1963, qui fut économe puis supérieur du séminaire régional de Saint-Cyprien, à Toulouse. Il avait pris la suite en 2007 du P. Jean-Loup Lacroix, sulpicien lui aussi, devenu depuis curé de la paroisse Saint-Sulpice, à Paris. Jean-Loup Lacroix s’était fait connaître par sa politique de “purges” des éléments par trop traditionnels de son séminaire. Jean-Marc Micas est devenu, en 2013, supérieur provincial de la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice pour la France et d’autres pays francophones.

La Conférence des évêques, présidée par l’archevêque de Marseille, Mgr Pontier, et le tout puissant cardinal Stella, Préfet de la Congrégation du clergé, estiment que le séminaire français de Rome doit absolument se garder de toute tentation traditionaliste, et surveiller de près les jeunes clercs “identitaires” qui affluent vers Rome.