Le pacte de confiance entre la CEF et le MRJC
Dans Libération , Bernadette Sauvaget affirme :
« Mais sur le fond, le MRJC n’a rien lâché, soutient la loi Veil, refuse de condamner les personnes qui y ont recours. »
Ce qui explique ce commentaire d’ Yves Daoudal à propos du communiqué de la CEF :
Il en est résulté un long communiqué filandreux qui ne dit rien, sauf que l’avortement n’est pas approprié et que le principe de la dignité de la personne humaine doit se comprendre à partir de la conception… Car les évêques de France n’ont toujours pas lu les textes de Vatican II, par exemple Gaudium et Spes qui qualifie l’avortement de « meurtre » et de « crime abominable » (n.51), ni le Catéchisme de l’Eglise catholique qui cite ce texte. Bref la Conférence des évêques de France rend hommage à l’action si méritoire du MRJC, mais lui dit que ce n’est pas adéquat d’invoquer le droit à l’avortement, et ne prend aucune sanction. Le communiqué sur le « droit à l’avortement » se trouve donc toujours sur les pages internet du MRJC, et bien évidemment le groupuscule va pouvoir continuer à percevoir son pactole de plus de 500.000 € par an.
A un lecteur qui s’indignait auprès de la CEF ( [email protected] ) du communiqué scandaleux du MRJC, il a été répondu :
Monsieur,
Nous avons bien pris connaissance de vos messages.
Une rencontre suscitée les 21 et 30 janvier avec les responsables du MRJC et leur aumônier a permis de clarifier ce sur quoi il y avait eu interpellation, et de nous remettre d’accord sur le pacte de confiance qui oblige un mouvement d’Église.
Pour répondre à vos interrogations, nous vous suggérons de lire le communiqué, de la CEF par ce lien : http://eglise.catholique.fr/espace-presse/communiques-de-presse/451943-mrjc-rencontre-entre-responsables-mrjc-eveques-cmaf-conseil-mouvements-associations-de-fideles/
Cordialement
Direction de la Communication Conférence des évêques de France http://www.eglise.catholique.fr
Concernant le financement du MRJC, la journaliste de Libération se moque :
L’évêque de Montauban, Bernard Ginoux , proche l’aile dure de l’épiscopat, a pris la tête de la croisade, avertissant qu’il ne verserait plus de subventions au mouvement (ce qui a fait ricaner ici et là, puisque c’est déjà le cas…).
De fait ce n’est pas exact. Mgr Ginoux a révélé que la CEF lui ponctionnait 30 000€ chaque année. Chaque diocèse verse ainsi une somme certaine à la CEF, qui l’utilise ou le redistribue. A quoi, c’est ce que la CEF doit publier. Combien redistribue-t-elle et à qui ? Ainsi la JOC mentionne sur son site :
La JOC est principalement financée par des subventions ministérielles, ainsi que par l’Église.
Selon un lecteur, la CEF verserait des fonds au Secours catholique, qui lui-même reverserait au MRJC… Tout ceci reste à prouver et semble assez opaque. Il serait bien utile que la CEF communique sur la redistribution de ses fonds.
Mais ce n’est pas tout. Sans renier son attachement aux lois sur l’avortement, le MRJC a déclaré hier reconnaître que tout doit être mis en œuvre pour éduquer et prévenir les situations d’avortement. Et sur la famille, que pense le MRJC ?
Lors de la loi Taubira, trois anciens présidents du MRJC ont signé la pétition Mariage pour tous : nous, jeunes catholiques, disons « n’ayez pas peur » ! : Frédéric Delattre (2000-2003), Marie-Pierre Cattet (2003-2007), Audrey Massié (2007-2011). Egalement signataires : Jean-Christophe Labails (secrétaire national du MRJC de 2000 à 2004) , Guillaume Crépin (ancien président du MRJC dans le Cher et vice-Président du Mouvement International de la Jeunesse Agricole et Rurale Catholique / MIJARC Europe) , Frédéric Lamblin (ancien vice-président du MRJC) , Denis Perdrix (permanent national du MRJC de 2000 à 2005) , Germain Lefèbvre (responsable régional du MRJC) , Jonathan Mounal (animateur au MRJC en 2013, devenu ensuite secrétaire général du MRJC en 2017).
L’actuel président, Brieuc Guinard , a relayé à titre individuel sur sa page Facebook le 17 avril 2017 un appel : « Pourquoi il faut voter Mélenchon « , appel publié initialement par le Club Médiapart.
Tout ceci ne semble pas avoir ému la Conférence des Evêques de France. Vous pouvez leur poser la question au 01 72 36 68 00 ou via cette page .
